Pierre-Joseph Boudier de Villemert

Notice Alphabétique des Femmes célèbres en France

[Le Nouvel Ami des femmes ou La Philosophie du sexe. Ouvrage nécessaire à toutes les jeunes personnes qui veulent plaire par des qualités solides : Avec une Notice Alphabétique des Femmes célèbres en France]

Amsterdam/Paris, Monory, 1779

plus d'informations

A

 

[231] AIGREMONT (Baronne d'), Languedocienne, a traduit le Trissin et des morceaux de Bocace. [voir Cambis]

 

[231] AGNES SOREL, Dame de Beauté, connue par l'amour de Charles VII, célébrée par François I, 1449.

 

[231] ALIX DE MONTBARD, femme d'un rare mérite, mere de Saint BERNARD, 1091.

 

[231] ALIX DE CHAMPAGNE, troisieme femme de Louis le jeune, fut Régente et gouverna sagement sous Philippe-Auguste.

 

[231] ALBRET (Jeanne d') mere d'Henri IV, Protectrice des Savans et Savante elle-même.

 

[231] AMBOISE, femme de PIERRE II, Duc de Bretagne, gouverna sagement les Etats, et résista à Louis XI avec courage.


[231] AMELOT (la Présidente d') une des femmes les plus instruites et bon juge en Littérature.

 

[231] ANGE LUCIE, deux soeurs livrées à l'étude, avec le plus grands succès dans le douzième siecle.

 

[231] ANGLETERRE (HENRIETTE d') femme de Monsieur, chargée de négociations délicates, par Louis XIV, de la Cour duquel elle fut l'ornement.

 

[232] ANGOULEME (Duchesse d') mere de François I, femme d'une habilité au-dessus de son sexe : elle en montra beaucoup pendant ses deux régences ; mais on lui reprochera toujours la défection du connétable de Bourbon et la mort de Semblançay.

 

[232] ANNE DE BRETAGNE, femme de Charles VIII, et de Louis XII, fut une Princesse accomplie pour l'esprit, la vertu, et la beauté.

 

[232] ARQUIEN BETHUNE, Reine de Pologne, que son esprit éleva au trône.

 

[232] ARMANCAL (Marquise d') se distingua vers la fin du siecle dernier, par des Poésies faciles.

 

[232] ARNAUD, soeur du célébre Docteur, prodige d'esprit et de savoir, Réformatrice de Port-Royal.

 

[232] ASPREMONT (Demoiselle d'), excelloit dans la Poésie Provençale et la Musique, Mauleon fut le serviteur de cette illustre fille, sous Philippe Auguste.

 

[232] AUBESPINE, Dame de Villeroi, a traduit en vers les Epitres d'Ovide et composé plusieurs Poëmes, Ronsard l'a chantée.

 

[232] AUBIN (Madame) après avoir donné un roman, se mit a composer des Sermons, et puis à les prêcher elle-même, dans un Oratoire où la nouveauté attiroit beaucoup d'Auditeurs.

 

[232] AUCHY (Vicomtesse d'), a fait une Paraphrase de St Paul, 1590.

 

[232] AUNOY (Comtesse d'), une imagination féconde, beaucoup de grace et de naïveté la caractérise, Hypolite, le Comte [233] de Varwick, ses Contes, son Voyage d'Espagne, sont dans les mains de tout le monde.

 

[233] AUTREVAL (Madame d'), l'une des femmes qui ont brillé dans le siecle dernier: on a d'elle des Lettres ingénieuses.

 

[233] AUTREY (Comtesse d'), a fait divers morceaux d'une Poésie facile et légere, 1719.

 

[233] AVIGNON (Vicomtesse d'), l'une des Illustres Provençales, tenant la Cour d'Amour.

 

B

 

[233] BAINS, Demoiselle Flamande, du seizieme siecle, composa des Poésies contre les Hérétiques.

 

[233] BALAGNY (Dame de Mouluc de) digne soeur du brave Bussy d'Amboise, obtint d'Henry IV, pour son mari, la Souveraineté de Cambray; les habitans s'étant révoltés, soutenus par les Espagnols, elle descendit une pique à la main sur la place, et fit face aux rebelles.

 

[233] BALON (LOUISE), Réformatrice en 1591, de Sainte Catherine de l'Ordre de Cîteaux.

 

[233] BALMONT (Comtesse de S.), femme d'un courage mâle; elle alla sous le nom d'un frere, demander elle-même raison de quelques torts à un Officier qu'elle blessa et désarma.

 

[233] BARBIER, Demoiselle d'Orléans: on a d'elle Arie et Poetus, Cornelie, Tomiris, la Mort de César, Tragédie, le Faucon, trois Opéras, et autres Poésies.

 

[233] BARCLAY, (femme célébre), avoit l'esprit cultivé et le caractere élevé.

 

[233] BASSEPORTE (Mademoiselle) Dessinatrice [234] du Cabinet du Roi, pour l'Histoire Naturelle, dont elle rend toutes les parties avec la plus grande vérité.

 

[234] BATILDE, femme de CLOVIS II, gouverna après la mort de son mari, sur lequel sa beauté et son esprit lui avoit acquis le plus grand empire.

 

[234] BAUDONIVIE DE POITIERS, au sixieme siecle eut la confiance de la Reine Radegonde dont elle a écrit la vie.

 

[234] BAUX (la Dame de), une des Présidentes de la fameuse Cour d'Amour d'Avignon.

 

[234] BEAUJEU (Duchesse de), fille de Louis XI, femme bouillante et spirituelle, gouverna pendant la minorité de son frere avec la fermeté d'un Roi.

 

[234] BAUME (de la) Mademoiselle de RAVANNES, vainquit en controverse un Rabbin qu'elle convertit à la foi.

 

[234] BEAUMER (Madame): on a d'elle des oeuvres mêlées, a travaillé au Journal des Dames.

 

[234] BEAUMONT (Madame le Prince de), une heureuse fécondité d'imagination, une sage économie de morale, caractérise ses ouvrages faits pour l'instruction de la jeunesse.

 

[234] BEAUNONT (Madame de), femme d'un Avocat, a composé les Lettres du Marquis de ROZELLE.

 

[234] BEAUVAIS (Esther de), ses ouvrages font partie de ceux de Beroald, 1583.

 

[234] BEAUVILLIER, Abbesse de Montmartre à dix-sept ans, Henri IV lui donna les grands biens qui font la richesse de cette Abbaye, et elle justifia cette faveur par sa sagesse et ses talens.

 

[235] BECTOZ (Claudine de), a laissé des Poésies latines et françoises, qui l'ont égalé aux plus grands personnages de son tems.

 

[235] BELLOT (Madame de), a donné des observations sur la Noblesse, et des mêlanges de Littératures Angloises.

 

[235] BENOIT (Madame), connue par des Contes Moraux, et des Romans dans lesquels les moeurs sont respectés.

 

[235] BERTHE, mere de CHARLEMAGNE, qui prenoit ses conseils dans les affaires les plus délicates.

 

[235] BERNARD (Mademoiselle), célébre par Léodamie et Brutus, tragédie, a remporté plusieurs prix à l'Académie Françoise.

 

[235] BLANCHE de Castille, mere de Saint Louis, pendant la minorité de son fils, dissipa la ligue des Seigneurs et marcha à eux, gouverna pendant l'absence de son fils, et partagea toujours avec lui les soins de l'administration.

 

[235] BIHERON (Mademoiselle) s'est rendue célébre de nos jours, par une étude particuliere de l'Anatomie qu'elle a étudiée sur la nature même, d'après laquelle elle a formé des modéles artificiels qui étonnerent par leur vérité.

 

[235] BLANCHEFLEUR, Dame Provençale, contemporaine de la belle Laure, excelloit dans la Poésie Provençale.

 

[235] BLEMUR (JACQUELINE de) a composé la vie des Saints de l'Ordre de Saint Benoît, et quelques Poésies sacrées.

 

[235] BOCAGE, (Dame le PAGE du) des Académies des Arcades, de Bologne et de [236] Lyon, a remporté des prix de Poésie: le Paradis terrestre, la Colombiade l'ont assez fait connoître.

 

[236] BOISJOURDANS (Madame de), que son goût pour l'Histoire Naturelle a distingué; elle avoit formé un des plus beaux cabinets de ce genre.

 

[236] BOISSANGERS (Mademoiselle), fille de beaucoup de talens, célébre dans la Pandore de M. de VERTROY.

 

[236] BOIVAUL (la Présidente de), femme d'une haute vertu, jointe a beaucoup d'esprit; elle fit revenir son mari de la passion du jeu en lui rendant sa maison plus agréable qu'aucune autre.

 

[236] BOISMORTIER, fille du Musicien, Mémoire de la Comtesse de Marienbourg, 1750.

 

[236] BONTEMS (Madame) a traduit les Saisons de Tompson.

 

[236] BONNEVAUX (Madame), grande Cartésienne du siecle dernier, femme d'un esprit Phylosophique.

 

[236] BOURGE (CLEMENCE de), savante du seizieme siecle, excella comme Louise Labbé, son amie, dans la Poésie et la Musique; elle mourut de douleur de la perte de Dupeyrat auquel elle étoit fiancée.

 

[236] BOURGEOIS (MARGUERITE), fondatrice d'une Communauté de filles en Canada.

 

[236] BOURGOGNE (Duchesse de), joignoit à toutes les graces un esprit vif et enjoué, qu'elle communiqua à la Cour de Louis XIV: elle composoit sur le champ des couplets naïfs et agréables.

 

[237] BOURIGNON (ANTOINETTE), si laide qu'on délibéra si on l'étoufferoit à sa naissance, a composé dix-huit volumes sur des matieres théologiques; elle s'entêta de nouveautés qui la firent errer de Ville en Ville.

 

[237] BRAINE [Brame] (MARIE), fit dans le seizieme siecle quelques Poésies des meilleures de son tems.

 

[237] BREGY (Comtesse de) élevée par Saumaise, son Oncle nous avons un recueil de ses Lettres, 1666.

 

[237] BRETONVILLIER (la Présidente de) de l'Académie des Ricovrati, a fait des Contes et des Poésies.

 

[237] BRUN (Madame) a fait un Dictionnaire Comtois-François pour ses compatriotes.

 

[237] BUFFET (Mademoiselle) a fait des observations sur la langue, et les éloges des illustres savantes.

 

[237] BUSSIERE (Mademoiselle) a composé les Mémoires de Gourville.

 

C

 

[237] CAMBIS (MARGUERITE de) a traduit de l'Italien du Trissin, la conduite de la femme veuve. [voir Aigremont]

 

[237] CAMBRA, la belle fille d'un Roi Breton ; grande géometre qui fit fortifier sur ses desseins les places de son pere.

 

[237] CAMPAGNOLE (Madame de) niéce de Balsac, belle et spirituelle, fit beaucoup de bruit dans son tems.

 

[237] CAMUS DE BELSONS, de l'Académie des Ricovrati : on a ses Poésies dans plusieurs recueils.

 

[238] CATHERINE DE FOIX, femme de DOM JEAN, Roi de Navarre, Femme d'un grand courage ; c'est elle qui disoit à son mari, après la perte de ce Royaume, « DOM JEAN, si nous fussions nées, vous CATHERINE et moi DOM JEAN, nous n'aurions jamais perdu la Navarre. »

 

[238] CASTILLE (Mademoiselle de) fit des vers sur la Comete de 1680, et traduisit en vers quelques Odes d'Horace.

 

[238] CAYLUS (Madame de), l'une des plus aimables et des plus spirituelles personnes de son tems ; ce fut elle qui inspira le Marquis de la Fare à plus de soixante ans, niéce de madame MAINTENON.

 

[238] CERTAIN (Madame de), ses Poésies imprimées en 1766, attestent ses talens, 1690.

 

[238] CERVANTES (CLAIRE), Demoiselle Flamande du seizieme siecle, modele de patience et de vertu, belle et jeune : elle veilla et soigna pendant sept ans un époux, que les infirmités les plus dégoûtantes forçoient tout le monde d'abandonner.

 

[238] CEZELLY (Constance), de Montpellier, défendit Leucatte, après la prise de son mari ; Henri IV la fit gouvernante de cette place.

 

[238] CHANCE (Mademoiselle de) a fait quelques Poésies, entr'autres la Requête du Secrétaire des Dames à l'Académie.

 

[238] CHARCE (Demoiselle de la) excelloit dans la Poésie, et sur-tout dans les bouts-rimés fort de mode dans le dernier siecle, 1722.

 

[238] CHATEAUBRIANT (Comtesse de) Maîtresse de François I, à la détention de [239] ce Prince, fut renfermé par son mari et immolée à sa jalousie.

 

[239] CHATELET (Marquise du) femme d'un ordre supérieur, connue par de grands morceaux sur la physique.

 

[239] CHEMEREAU (Mademoiselle), connue par des Sonnets fort estimés.

 

[239] CHERON (Mademoiselle) réunit les trois arts agréables, Peinture, Musique et Poésie ; nous avons d'elle des traductions des Pseaumes ; elle étoit de l'Académie de Peinture et de celle des Ricovrati, 1711.

 

[239] CHEVRY (Mademoiselle de), Religieuse de Lyon, adressa des Poésies à Louis XV.

 

[239] CHRISTINE De Pizau, savante sous Charles VI, elle lui dédia le chemin du grand étude.

 

[239] CLISSON (JEANNE) de Belleville, femme d'OLIVIER, arma trois Vaisseaux pour venger son mari, que PHILIPPE DE VALOIS avoit fait décapiter, fit des descentes en Normandie, où l'on vit une des plus belles femmes de l'Europe, le fer à la main, y porter le carnage et l'incendie.

 

[239] COLOMBIERE de Briqueville a fait une dissertation sur les causes des tremblemens de terre.

 

[239] COMEIGE (Mademoiselle de), connue par une Comédie intitulée Mahomet.

 

[239] CONSTANCE (Madame), son mari premier Ministre du Roi de Siam, ayant été mis à mort en 1688, elle montra dans le plus grand revers une force et une patience incroyable.[240]

 

[240] CONTY (Princesse de) fille du Duc de Guise : on a d'elle les aventures de la Cour ou les amours d'Henri IV.

 

[240] CORNUEL (Madame), célébrée pour ses bons mots dans les Lettres de Sévigné, 1693.

 

[240] COSNARD (Mademoiselle) a composée les Chastes Martyrs, tragédie, 1650.

 

[240] COSTEBLANCHE (MARIE-CATHERINE) savante dans les Mathématiques et la Physique, a traduit trois ouvrages Espagnols sur les Météores.

 

[240] COURTIN (Mademoiselle) cultivoit les Lettres avec succès dans le siecle dernier.

 

[240] CRENNE (ELISIENNE de), angoisses douloureuses, discours sur l'amour, 1544.

 

[240] CRENOUIERE (Mademoiselle de la), connue par un grand nombre de jolies Poésies insérées dans les Journaux.

 

D

 

[240] DABENTONE, l'une des chefs des Hérétiques, dits TURLUPINS, sous Charles V.

 

[240] DACIER (Madame), peu d'hommes se sont fait une aussi grande réputation. Le célébre LAMOTTE eut en elle un redoutable adversaire dans la dispute sur les anciens qu'elle connoissoit mieux que lui, et dont elle a donnée d'excellentes traductions, 1720.

 

[240]DAGOUT (Béatrix), célébre Dame de la Cour d'Amour d'Avignon : dédia à François I, la traduction des quatre premiers livres de l'Aenéïde.

 

[240] DAMERON (ELISABETH), fille qui, abu-[241]sée sous promesse de mariage par un Anglois, le poursuivit en Angleterre, et y plaida sa cause devant la Reine Elisabeth.

 

[241] DELAISSE (Madame), on a d'elle un Roman Moral.

 

[241] DENIS (Madame), niece de M. de Voltaire, et digne d'un tel oncle, par son goût pour les Lettres et les Arts.

 

[241] D'ENTRAGUE (Mademoiselle), nombre de Rondeaux et Ballets, 1510.

 

[241] DEON (Mademoiselle) s'est distinguée dans la plume et dans lépée ; Aide-de-Camp du Maréchal de Broglie, Ministre du Roi, etc. c'est la seule Demoiselle décorée de la Croix de Saint Louis ; on a vu d'elle des Mémoires écrits avec chaleur.

 

[241] DESCARTES (CATHERINE), niece du fameux Descartes, écrivit délicatement en Vers et en Prose, 1706.

 

[241] DESCHAMPS (Madame), mere de l'Avocat-Général Servin, écrivoit en langue Grecque et Latine aussi bien qu'en François.

 

[241] DESHOULIERES (Madame et Mademoiselle), Muses Françoises, connues par deux volumes de Poésies très-estimées, 1718.

 

[241] DESJARDINS (Madame), on a d'elle plusieurs Poésies dans le recueil de du Bellay.

 

[241] DIANE DE MONTMORENCY, fille d'Henri II, servit son frere Henri III, fut dans la plus grande estime auprès d'Henri IV ; Louis XIII, fut le septieme Roi qu'elle servit ; elle présida à son éducation.

 

[241] DOUBLET (Madame), avoit l'esprit très-[242]cultivé ; sa maison a été long-tems le rendez-vous de ce que les Lettres et les Arts offroient d'hommes distingués dans cette Capitale.

 

[242] DORQUIER (Madame), connue par quelques pieces imprimées dans le triomphe de l'Eglantine.

 

[242] DOURLENS (Madame), célébre dans la Pandore de Vertron.

 

[242] DREUILHET (Présidente de) a fait des Poésies agréables; morte chez Madame du Maine.

 

[242] DUNOYER (Madame), on a d'elle trois volumes de Lettres historiques et galantes, où se trouvent beaucoup d'Anecdotes hasardées.

 

[242] DUPRAT (ANNE) fille du Baron de Thiers, savante dans les langues Grecques et Latines; sa soeur fut aussi célébre par son esprit, 1599.

 

[242] DUPRE (MARIE), fille de Saint Sorlin: on a d'elle des Vers dans le recueil du pere Bouhours.

 

[242] DUPUIS (Modeste), traité du mérite des femmes.

 

[242] DURAND (Madame), Auteur de la Comtesse de Martane, Mémoires de la Cour de Charles VIII, les petits Soupés de l'été, le Conte de Cardonne, les belles Grecques, des Comédies.

 

[242] DUTORT (Madame), connue par plusieurs ouvrages en Prose et en Vers, 1699.

 

E

 

[242] EGMONT (la Comtesse d') riche héritiere, resta veuve à 22 ans, belle et spirituelle, fit profession aux Carmélites, et préféra [243] cette retraite aux plus grands Partis.

 

[243] ELISABETH D'AUTRICHE, femme de Charles IX, une des plus sages et des plus vertueuses Reines; elle composa un ouvrage sur les événemens du tems.

 

[243] ESTAMPES (Duchesse d') maîtresse de François I. Les agrémens de l'esprit joint aux charmes de la figure, en firent une personne parfaite.

 

[243] ETIENNE NICOLE, composa plusieurs ouvrages en Prose et en Vers, 1584.

 

F

 

[243] FAGNAN (Madame); on a d'elle Kanor et le Miroir des Princesses orientales.

 

[243] FAVART (Madame), cette actrice peut être mise ici comme Auteur de nombre de pieces ingénieuses.

 

[243] FAUQUES (Mademoiselle); les Contes du Serrail, le Triomphe de l'amitié, Abalsai, etc. lui ont fait une réputation.

 

[243] FAYETTE (Comtesse de la) une des femmes les plus célébres du siecle dernier: Zaïde, la Princesse de Cléves, la Princesse de Montpensier, sont les seuls Romans de ce siecle qu'on lise aujourd'hui.

 

[243] FAYETTE (Mademoiselle), une des plus aimables personnes de la Cour de Louis XIII, favorite de ce Prince, fut éloignée par le Cardinal.

 

[243] FEUILLET (Mademoiselle); on a d'elle, entr'autres ouvrages, une Concordance des Prophéties avec l'Evangile.

 

[243] FLEURS PHILEBERTE, a donné un Poëme intitulé, les Soupirs de la viduité, en 500 vers.

 

[244] FLORE (JEANNE) a composée des Contes amoureux.

 

[244] FOIX, Duchesse d'Epernon, prise par les Ligueurs en 1588, conduite à la porte de la Citadelle que défendoit son mari, pour le déterminer à se rendre, l'exhorta a tenir ferme, et il fut secouru peu de tems après.

 

[244] FONTAINE (Madame de), on a d'elle Amenophis, et la Comtesse de Savoye, 1748.

 

[244] FORCE (Mademoiselle de la) a donné l'Histoire de Marguerite de Valois, l'Histoire secrete de Bourgogne, celle de Gustave Vasa, des Contes, des Poésies.

 

[244] FORTIA (MARIE) Religieuse à Poissy, a mis une très-belle Préface, et a inséré quelques Pieces dans le Recueil des Ouvrages d'Anne de Marquet.

 

[244] FRANCE (MARIE) a traduit en Vers plusieurs Fables d'Esope, sous saint Louis.

 

[244] FREDINIE (Mademoiselle), a fait quelques jolis Poëmes insérés dans les Journaux.

 

[244] FREMIOT DE CHANTAL, fondatrice de la Visitation, après avoir donné dans le monde l'exemple de toutes les vertus, donna ses dernieres années à la retraite et au gouvernement de sa Congrégation; elle étoit digne amie de saint François de Sales.

 

[244] FERRAND (Présidente de), Lettres de Cléante et Belise, 1616.

 

G

 

[244] GAILLARDA (JEANNE) de Lyon, Rivale de Marot, qu'elle surpassa dans quelques-unes de ses réponses.

 

[245] GANGE (Comtesse de); tout le monde sait l'effrayante histoire de cette belle et vertueuse Dame.

 

[245] GALIGAI, Maréchale d'ANCRE, après avoir gouverné entierement la Reine et fait la plus haute fortune, elle fut sacrifiée à la haine publique.

 

[245] GARDE (VICTOIRE de la), a laissé un Recueil des Lettres et de Poésies, 1725.

 

[245] GEOFFRIN (Madame), amie de tous les Savans, et Savante elle-même, a toujours employé sa fortune à favoriser les Arts et les Artistes.

 

[245] GUESNERIE (Madame de la), Mémoire de Miladi B.

 

[245] GRAFFIGNY (Madame de); nous avons de cette illustre Dame les lettres Peruviennes et deux Comédies, Cénie et la fille d'Aristide.

 

[245] GRAS (Madame), femme pleine de vertu et de charité, fondatrice de l'Utile Institut des Soeurs Grises.

 

[245] GRAVILLE (ANNE), Auteur du Roman en vers des deux Amans.

 

[245] GUEBRIANT (la Maréchale de), femme très - habile, la seule que la Cour ait chargée d'une Ambassade solemnelle.

 

[245] GUERCHEVILLE (MARGUERITE), aimée d'Henri IV, et placée par lui auprès de la Reine en qualité de Dame d'honneur, parce que dit le Roi, il l'avoit trouvée telle.

 

[245] GUICHARD (Mademoiselle) Auteur des Mémoires de Cecile, 1756.

 

[245] GUILLAUME (JAQUETE), fille savante, a composé un ouvrage dont voici le ti-[246]tre, les Dames Illustres, où il se prouve que le sexe féminin surpasse le sexe masculin, 1668.

 

[246] GUILLET (Présidente), possédoit la Musique et les langues: on a d'elle plusieurs pieces dédiées aux Dames Lyonnoises, 1545.

 

[246] GUYON (Madame), Auteur du Moyen Court, qui a fait tant de bruit et a provoqué l'affaire du Quiétisme.

 

H

 

[246] HABERT (SUZANNE), restée veuve à 24 ans; elle se livra tout entiere à la Philosophie et aux Sciences, 1580.

 

[246] HACHETTE (JEANNE), défendit Beauvais à la tête des femmes; ses descendans jouissent encore d'honneurs à ce sujet.

 

[246] HARCOURT (Comtesse d'): les ennemis étant venu assiéger Vaudemont, la Comtesse nouvellement relevée de couche, monta à cheval à la tête de plusieurs Seigneurs et fit lever le siege.

 

[246] HECRE (Madame), fille de la Comtesse d'Aumont, a donné la Tulipe, Reine des fleurs; les Qualités d'un bon coeur.

 

[246] HELYOT (Madame), femme d'une illustre piété; sa vie a été écrite par le P.C. Jésuite.

 

[246] HELOISE (la fameuse), Abbesse du Paraclet, dont tout le monde connoît les Lettres et les malheurs, 1163.

 

[246] HERITIER DE VILLANDON, a remporté des prix dans plusieurs Académies; nous avons d'elle des Poésies.

 

[246] HOPITAL (LOUISE de l'), distinguée dans [247] le seizieme siecle, fit des Vers sur la mort de Catherine de Rohan, et autres morceaux.

 

[247] HUBERT (Dame), femme du Poëte Garnier, réussit en Poésie comme son mari, 1584.

 

[247] HUSSON (Madame), a fait imprimer un Conte Moral.

 

 

[I : voir à la fin de la lettre J]

 

J

 

[247] JARS DE GOURNAI, fille adoptive du célébre Montagne; ses OEuvres ont été imprimées sous le titre d'Ombre de Mademoiselle de Gournai, 1645.

 

[247] ISAURE (CLEMENCE), fondatrice des jeux Floraux de Toulouse, 1320.

 

[247] JEANNE DE NAVARRE, femme de Philippe le Bel, protectrice des Savans, et fondatrice du College de Navarre.

 

[247] JEANNE DE BOURBON, femme de Charles le Sage, des conseils de laquelle le Roi s'aidoit souvent; il la faisoit sièger en son Parlement.

 

[247] JONCOURT (FRANCOISE MARGUERITE), a traduit en françois des remarques sur les Lettres Provinciales.

 

[247] ISABELLE DE FRANCE, soeur de saint Louis, Princesse de la plus haute vertu, dont l'histoire a été écrite par une Demoiselle d'Harcourt, qui lui étoit attachée.

 

L

 

[247] LABBE (LOUISE), dite la belle Cordiere, célébrée par tous les Savans du seizieme siecle, avoit une facilité prodigieuse à faire des Vers; nous avons ses Oeuvres dans lesquelles on remarque un débat [248] de folie et d'amour, dédié à son amie Clémence de Bourges, 1555.

 

[248] LA FONTAINE, femme du célébre Fabuliste, corrigeoit et donnoit à son mari d'utiles avis; on a de ses Lettres dans le Recueil de son mari.

 

[248] LAGUERRE (Mademoiselle), a fait la Musique de l'ancien Opéra de Céphale.

 

[248] LAMBERT (la Marquise de), belle fille du fameux Bachaumont, femme d'un génie heureux; on a d'elle un Traité de l'amitié, la Métaphysique d'Amour, et autres pieces en deux volumes; sa patience et son courage égaloit la délicatesse de son esprit, 1633.

 

[248] LAMBESC DE BAUX: le célébre Poëte Provençal Paresol, fait son éloge comme l'un des plus beaux esprits de ce tems.

 

[248] LAUTIER (ANNE) en 1584, savoit les Mathématiques, possédoit les langues et composoit en Vers.

 

[248] LE COUVREUR (ADRIENNE): nous la plaçons ici, bien que Comédienne, parce que ses talens supérieurs, la justesse de son esprit, et la bonté de son coeur l'ont élevée au-dessus de son état.

 

[248] LENCLOS, la célébre Ninon: si ses moeurs ne furent pas irréprochables, son esprit et ses talens semble les lui avoir fait pardonner.

 

[248] LE PAUTRE (Madame), s'est distinguée de nos jours par ses talens et par des connoissances physiques et astronomiques.

 

[248] L'EVEQUE (Madame), on a d'elle plusieurs ouvrages, l'Augustin et Minet, le Siecle, etc.

 

[249] LEVIS (Demoiselle), de l'illustre maison de Levis, excelloit dans la Poésie du tems de Philippe Auguste.

 

[249] LIANCOURT (Duchesse de), femme de la plus haute vertu, ramena son mari de ses égaremens, en faisant de sa maison de Liancourt un lieu de délices; on a d'elle des Avis donnés à sa petite fille.

 

[249] LIBOREL (Mademoiselle), a fait plusieurs ouvrages galans.

 

[249] LIMEUIL (Mademoiselle), fit une Satyre de la Cour d'Henri II, mourut en faisant jouer sur le violon, la défaite des Suisses qu'elle accompagna de sa voix.

 

[249] LOGES (Madame de). tante de Monsieur Daunoy, fort estimée de Balsac et de Malherbe; les Princes et les Etrangers la recherchoient pour son esprit.

 

[249] LOMBARDE, belle et savante Toulousaine: Amon, frere du Comte d'Armagnac, en devint amoureux; on a d'elle quelques écrits.

 

[249] LONGUEVILLE (Duchesse de), soeur du Grand Condé: elle fut l'ame de la fronde. elle se détacha encore jeune de tous projets d'ambition, et passa les vingt-sept dernieres années de sa vie dans la pratique de toutes les vertus.

 

[249] LOUVENCOURT (Mademoiselle) amie de Mademoiselle Scudery; on a d'elle des Vers estimés dans son tems.

 

[249] LOYNES (Mademoiselle de), deux personnes de ce nom se sont distinguées en Poésie, 1560.

 

[249] LUILLIER de Sainte Beuve, fondatrice des Ursulines à Paris, restée veuve très-jeune, [250] et douce d'une beauté qui égaloit son esprit; elle renonça à tous ces avantages.

 

[250] LINTOT (Madame de), connue par les Contes Marins, la jeune Américaine, et l'histoire de Mademoiselle de Salens.

 

[250] LOISEAU (Mademoiselle), a fait quelques Cantatilles, la Rose et Sapho, une Epître à Eglé.

 

[250] LUBERT (Mademoiselle), fille du Président; on a d'elle l'Amadis des Gaules, quatre volumes, quelqu'autres Romans anciens et modernes, les Revenans, la Tyrannie des Fées.

 

[250] LUSSAN (Mademoiselle de); peu de femmes ont aussi bien et autant écrit; elle est connue par les Anecdotes de la Cour de Philippe Auguste, les Vallées de Thessalie, Annales d'Henri II, Histoire de Charles VI, révolution de Naples, etc.

 

[250] LAURE, la belle, si célébre par sa beauté, son esprit et l'amour de Pétrarque: voyez Sade.

 

[250] LESCLACHE (Madame de), plusieurs ouvrages de Philosophie.

 

[250] LAURENCIN (Comtesse de), a remporté un prix de Poésie; on a d'elle un morceau charmant sur le devoir des meres de nourrir leurs enfans.

 

M

 

[250] MAILLY (Comtesse de); cette Dame a fait succéder à l'erreur d'une passion tendre, la vie la plus édifiante dans le monde et les exercices de la piété et de la charité la plus solide.

 

[250] MAINE (Duchesse du), Princesse d'un mé-[251]rite supérieur qui réunissoit tous les goûts; sa Cour étoit le centre de la politesse et des Arts.

 

[251] MAINTENON (Madame de); cette illustre Dame avoit une ame supérieure à sa haute élévation, dont elle sentoit tout le vuide ce qui se voit dans ses Lettres.

 

[251] MALADERIE (Madame de la); on a d'elle des Elémens de Mathématiques.

 

[251] MALENFANT (la Présidente de), fit dans le siecle dernier quelques Vers et des Lettres intéressantes.

 

[251] MALESPINE (Marquise de), belle et vertueuse Provençale, dont les rigueurs causerent la mort à Albert de Sisteron, célébre Poëte de son tems.

 

[251] MANIBAN (la Présidente de), célébrée pour son esprit par plusieurs Ecrivains de son tems.

 

[251] MARCHAND (Madame), fille de Duché, connue par le Comte de Boca, 1719.

 

[251] MARGUERITE d'ANJOU, femme Héroïque, que la France peut réclamer, comme née dans son sein, gagna trois batailles, remit son mari sur le trône d'Angleterre, dont il fut enfin dépossédé.

 

[251] MARGUERITE d'ECOSSE, femme de Louis XI; c'est elle qui par goût pour les Arts, donna un baiser à Alain Chartier le plus laid et le plus spirituel homme de son tems.

 

[251] MARGUERITE DE FRANCE, Reine de Navarre Protectrice des Muses, a composé les Contes dits de la Reine de Navarre, Poésies, 1615.

 

[251] MARQUET (ANNE); on a d'elle un re-[252]cueil de Poésies admirées de Ronsard, 1600.

 

[252] MASQUIÉRES (FRANCOISE), sa galerie de Saint Cloud, l'origine du Luth et autres Poésies sont estimées.

 

[252] MAUPIN, Actrice: nous ne la citons qu'à cause d'un trait arrivé à un bal au Palais-Royal, déguisée en homme; elle poussa la conversation un peu vivement avec une Dame, trois Cavaliers prenant le parti de cette Dame la sommerent de descendre; elle ne se fit pas prier, les blessa tous trois, et remonta se déclarer à Monsieur.

 

[252] MAZARIN (Duchesse de), aussi spirituelle que belle, recherchée par Charles II, Roi d'Angleterre, forcée de quitter son mari, elle passa en Italie, et de-là en Angleterre; elle fut liée avec tous les beaux esprits de ce siecle, sa soeur fut tendrement aimée de Louis XIV, qui vouloit la faire Reine.

 

[252] MÉDICIS (CATHERINE), femme d'Henri II, d'un vaste génie et d'un luxe prodigieux, attira à elle toute l'autorité sous les Rois ses enfans; c'étoit un mélange de grands vices et de grandes qualités qui la maintinrent toujours malgré les troubles.

 

[252] MÉDICIS (MARIE), femme d'Henri IV; il essuya bien des tracasseries de cette Reine, belle et spirituelle, mais jalouse et ambitieuse; ces deux Princesses de Médicis, firent beaucoup de maux, celle-ci fut reléguée à Cologne où elle mourut dans l'indigence.

 

[252] MENON (Mademoiselle), a traduit de l'Italien, l'assemblée de Cythere.

 

[253] MIGNOT (MARGUERITE), de simple Paysanne devint Reine, sa beauté lui fit épouser le Seigneur de son Village, au bout d'un an elle épousa le Maréchal de l'Hôpital, et enfin Casimir, Roi de Pologne.

 

[253] MILLET (MARIE), nouvelle Lucrece: le Capitaine Dupin, logé chez son pere, à Bécourt, avec sa troupe, l'ayant violée et fait violer par ses Soldats, elle poignarda le Capitaine; le malheureux pere, à la tête des habitans, les femmes et les filles s'y joignant massacrerent Dupin et toute sa troupe.

 

[253] MIRAMION (Madame), après la mort de son mari, elle fut enlevée et conduite chez le Comte de Bussy, qui voulut la forcer de l'épouser: sa fermeté et son courage la sauva; elle se donna depuis entierement à la piété et fonda divers pieux établissemens.

 

[253] MIRAUMONT (Madame), se distingua dans les tems de la Ligue; elle étoit toujours à cheval à la tête de 60 Gentilshommes.

 

[253] MONDONVILLE, Dame JULIARD, Languedocienne, avoit établi les Filles de l'Enfance, pour l'éducation de la jeunesse, supprimé en 1686.

 

[253] MONGLAT (Madame), vertueuse réformatrice de l'Abbaye du Val-de-Grace.

 

[253] MONICAULT (Mademoiselle), connue par une Comédie donnée en 1720.

 

[253] MONTMORENCY, femme du Connétable, tué à la bataille de Saint Denis, digne d'un tel mari, dont elle partagea l'exil pendant sept ans, et qu'elle reçut expirant [254] dans ses bras; sa prudence sauva ses enfans de la Saint Barthelemy.

 

[254] MONTMORENCY, fille de la Précédente, mariée au Prince de Condé Henri IV; en fut amoureux, elle s'enferma à la Bastille avec son mari, et se donna les plus grands mouvemens pour sauver son frere qui eut la tête tranchée; c'est d'elle ce mot, au Tombeau du Cardinal: Si fuisses hic.

 

[254] MONTFORT (JEANNE), Duchesse de Bretagne, défendit les armes à la main ses Etats contre le Comte de Blois. Dans l'assaut donné à Hennebon; elle sortit à la tête de soixante hommes, brûla le camp et fit lever le siege.

 

[254] MONTBRUN (Mademoiselle), fille savante du Dauphiné.

 

[254] MONTENAY (GEORGETTE de), fille d'honneur de la Reine de Navarre, composa cent Emblêmes expliquées par huitains, 1560.

 

[254] MONTESPAN (Madame de), favorite de Louis XIV, pourvue de tous les agrémens de l'esprit et du corps; on a dit d'elle qu'elle eut mille qualités, pas une vertu; mille défauts, pas un vice.

 

[254] MONTMORT (Mademoiselle), a composé une Relation de l'Isle de Borneo, et une Comédie intitulée Héraclite et Démocrite.

 

[254] MONTPENSIER (Mademoiselle de); ses Aventures, avec le Duc de Lausun, sont assez connues; ses Mémoires font honneur à son coeur et à son esprit, 1693.

 

[254] MOREL, trois soeurs de Paris, étoient en [255] correspondance avec tous les Savans de l'Europe.

 

[255] MOREL (JULIENNE JACOBINE) d'Avignon, parloit quatorze langues, soutint à Lyon une These de Philosophie.

 

[255] MORVILLE (Mademoiselle de), connue par plusieurs morceaux de Poésies écrits délicatement, de l'Académie des Arcades.

 

[255] MORVILLE (Mademoiselle), de l'Académie des Arcades et des Ricovrati, savoit neuf langues.

 

[255] MOTTEGUYON (Madame), Opuscules spirituelles, 1704.

 

[255] MOTTEVILLE (Madame de), eut la confiance de trois Reines, ses Mémoires sont estimés.

 

[255] MOUGUE, savante femme, dont on a le Cabinet de la veuve Chrétienne.

 

[255] MOUSSART (Madame); on a plusieurs de ses Poésies galantes dans les Journaux.

 

[255] MURAT (Comtesse de), a donné l'Histoire de la Comtesse de Chabrian, le Comte de Dunois, six volumes, Mémoires et Contes.

 

[255] MUSNIER (ANNE): cette femme courageuse entendant trois hommes s'entretenir dans les jardins du Comte de Champagne, du projet de l'assassiner, en tua un d'un coup de couteau, se défendit contre les autres, et donna le tems de les arrêter, elle et sa postérité furent ennoblis.

 

N

 

[255] NÉMOURS (Duchesse de); dans les troubles de la Fronde, elle ramena son mari à son devoir; on a d'elle des Mémoires très-intéressans, 1707.

 

O

 

[256] ODETTE DE CHAMPDIVERS, dite la petite Reine, avoit sur l'infortuné Charles VI, un ascendant dont on usoit pour faire faire à ce malheureux Prince, qui l'aimoit et la craignoit, ce qu'on exigeoit de lui.

 

[256] OUCHY (Comtesse d'), a Paraphrasé l'Epître de saint Paul aux Romains.

 

P

 

[256] PASCAL, Dame de Lyon, a donné au Théatre Endymion et le Vieillard amoureux, en Vers de huit sillables.

 

[256] PASCAL (Demoiselle), soeur du célébre Pascal, remporta le prix de Poésie à Caen, n'ayant encore que seize ans, 1650.

 

[256] PATIN (Madame), et ses deux filles, ces illustres Parisiennes, de l'Académie des Ricovrati, ont composé différens ouvrages latins.

 

[256] PRINCEN (la Baronne de), Auteur du nouveau Journal des Dames, ouvrage plein d'agrément, et consacré à la gloire et à l'instruction du beau sexe.

 

[256] PUCELLE d'ORLÉANS; cette fille, sur l'Histoire de laquelle on a cherché à jetter des doutes, n'étoit peut-être pas inspirée; mais la France est redevable de son salut à son courage héroïque, 1422.

 

[256] PUISIEUX (Madame), connue dans les Lettres par un grand nombre de productions estimables, entr'autres par ses caracteres.

 

R

 

[256] RAMCES (Mademoiselle) de Marseille, a traduit en Vers les Odes d'Horace.

 

[256] RAZILLY (MARIE), eut en Poésie des [257] succès qui furent payés d'une pension de 2000 par Louis XIV.

 

[257] RETZ (Duchesse de), mere du Cardinal, joignit aux agrémens et aux talens, toutes les vertus; elle s'opposa en personne à la tête des Soldats, aux ligueurs, dans le parti desquels son fils s'étoit jetté; elle fut une véritable héroine.

 

[257] RICCOBONI, mere et fille, placés ici quoique de race Italienne, ont vécues et composées en France plusieurs Comédies et grand nombre d'ouvrages ingénieux.

 

[257] RICHEBOURG (Madame), Auteur du Caprice de l'Amour, de la Dupe de soi-même, Comédies, et de quelques Romans.

 

[257] ROHAN (ANNE de), soeur du Duc, chef des Calvinistes, soutint avec courage les extrémités où fut réduite la Rochelle; elle fit un Poëme sur la mort d'Henri IV, elle ne lisoit l'écriture que sur l'hébreu.

 

[257] ROMIEU (MARIE), nous avons d'elle une instruction pour les jeunes Dames, et un discours sur l'excellence de la femme, 1581.

 

S

 

[257] SABLIERE (Madame de la), distinguée par un esprit supérieur et capable de toutes les sciences; elle fut long-tems aimée du Marquis de la Farre, et finit dans une grande piété, 1694.

 

[257] SADE (LAURE de), célébre par les Amours de Pétrarque, qui l'aima 20 ans, et 10 ans après sa mort, elle fit beaucoup de jolis Vers, son Tombeau est à Avignon, 1345.

 

[257] SCUDERY (Mademoiselle), d'une noblesse [258] distinguée, le fut encore plus par ses talens: admirée et chérie de tous les gens de goût, estimée et pensionnée de tous les Princes; elle mourut à quatre-vingt-quatorze ans, dans les sentimens de la plus solide piété; ses ouvrages offrent la plus saine morale, 1701.

 

[258] SÉGUIER (ANNE), de l'illustre famille des Séguier, consacra ses talens pour la Poésie aux Moeurs et à la Religion, 1550.

 

[258] SENETERRE (Mademoiselle); on la connoît par le Roman d'Oresie.

 

[258] SÉVIGNE (Madame de); cette illustre Dame est assez connue par ses Lettres et son amour pour sa fille, Madame de Grignan, 1669.

 

[258] STAAL (la Comtesse de); elle eut la confiance et partagea la disgrace de Madame du Manie [Maine]; elle fut deux ans à la Bastille; on a d'elle des Mémoires fort intéressans.

 

T

 

[258] TENCIN (Madame), Chanoinesse de Neuville; c'étoit un prodige pour le caractere et l'esprit; une ame forte, la meilleure des amies; elle a laissé des Opuscules, le Comte de Cominge, le Siege de Calais, les Malheurs de l'amour.

 

[258] TOUR D'AUVERGNE (CLAUDINE de la) se signala au siege de Tournon, qu'elle fit lever aux Huguenots.

 

V

 

[258] VALENTINOIS (Duchesse de); son esprit plus que sa beauté la fit aimer d'Henri II, sur lequel elle eut un empire absolu; mais elle lui donna toujours de bons conseils.

 

[259] VALLIERE (Duchesse de): cette illustre Dame, après un régne de peu d'années qui n'altéra jamais sa modestie, est connue par l'héroïque sacrifice qu'elle fit du monde, sous le nom de Soeur de la Miséricorde.

 

[259] VALOIS (MARGUERITE de), Reine de Navarre, soeur de François I, une des plus belles, des plus spirituelles Princesses de l'Europe; elle a composé des Pastorales, l'Heptameron, les Marguerites de la Marguerite des Princesses.

 

[259] VALOIS (MARGUERITE), premiere femme d'Henri IV, Princesse pleine d'esprit et de courage, qui sauva le Roi en s'opposant au divorce qu'on lui proposa; elle le demanda depuis et fut livrée tour-à-tour à la galanterie et à la dévotion; nous avons d'elle des Mémoires.

 

[259] VILLEDIEU (DESJARDINS de), cette femme, dont les moeurs ne furent pas sans reproche, a fait Manlius et Nitetis tragédie; on a d'elle les exilés de la Cour de Rome, les Amours des grands hommes, l'histoire d'Asterie.

 

[259] VILLEQUIER, niece d'AGNES Sorel, qui eut sur Charles VII, un tel empire qu'elle disposoit de tout plus absolument qu'Agnès.

 

[259] VIEN (Madame), femme d'un de nos plus célébres Peintres, et célébre elle-même par la délicatesse et la vérité de son pinceau; elle est de la même Académie que son mari.

 

Grand Dictionnaire des femmes de l'Ancienne France, SIEFAR

(Société Internationale pour l'Etude des Femmes de l'Ancien Régime) http://www.siefar.org