ALACOQUE, (Marguerite-Marie,) naquit
le 22 juillet 1645, à Lauthecourt ou Leuthecourt, paroisse
de Véroure en Bourgogne. Elle dut le jour à Claude
Alacoque et à Philiberte Lamyn. S'il faut en croire les
historiens, sa vie fut un tissu de bizarreries superstitieuses
et de vertus aimables. On distingua, dans son enfance, les qualités
qui furent son apanage dans un âge plus avancé. A
dix ans, elle avait, dit-on, des extases et des apparitions; et
ce fut alors qu'elle se dévoua au service de la Mère
du Christ. A treize ans, elle passait souvent les nuits dans la
contemplation. En 1671, elle entra au monastère de la Visitation
de Sainte-Marie-de-Paray-le-Monial en Charolais. On l'admit au
noviciat, après trois mois d'épreuve. Elle prit
l'ordre monastique le 6novembre 1672. De concert avec le père
de la Colombière, elle établit la dévotion
au Sacré Coeur de Jésus. Sainte Gertrude avait eu,
quatre siècles auparavant, des visions semblables à
celles de Marie Alacoque; et celle-ci eut pour contemporaine une
autre illuminée, nommée Mecthilde. L'archevêque
de Sens, Languet, a la bonhommie d'avancer qu'elle avait beaucoup
d'esprit, un jugement solide, fin et pénétrant:
ce qu'il est difficile de concilier avec les pratiques minutieuses,
qui emportaient la plus grande partie de ses momens. Malgré
sa sagesse, sa soumission et sa patience, elle se vit long-tems
l'objet des railleries, des critiques, et même des mépris
de ses compagnes; et, par un changement assez étrange,
elle emporta dans le tombeau leurs regrets, leur estime et leur
admiration. Elle mourut le 17octobre 1690.
La vie de Marie Alacoque a été
écrite par Languet, archevêque de Sens, 1729, in-4.
L'auteur y a joint quelques-uns des ouvrages ascétiques
de cette femme célèbre; Cantique à
l'honneur du Saint-Sacrement; Acte de consécration
au Sacré Coeur de Jésus-Christ; Amende honorable
au même; autres Actes et Prières sur le même
sujet; Lettres choisies à différentes personnes.