Résumé
- Choix bibliographique - Jugements
On
ne sait rien des origines familiales et sociales d’Agnès. Fille spirituelle
de sainte Radegonde et élevée par elle, Agnès la suit quand celle-ci quitte
la cour de son époux le roi des Francs, Clotaire Ier. Lorsque Radegonde fonde
le monastère de Sainte-Croix de Poitiers où elle compte se retirer, elle
confie à Agnès la charge abbatiale. Celle-ci est alors consacrée par l’évêque
Germain vers 567-576. Quelques années plus tard, lorsque les relations du
monastère avec Marovée, évêque de Poitiers, sont rompues, Agnès se retire
à Arles avec Radegonde. À son retour à Poitiers, elle introduit au monastère
la règle rédigée par Césaire pour le couvent de Saint-Jean d’Arles. Agnès
est célèbre aussi pour les relations qu’elle entretient avec le poète
Venance Fortunat, qui lui adresse plusieurs poèmes en témoignage de sa grande
affection.
Sa vie n’est connue que par des mentions fugaces dans l’oeuvre de Grégoire
de Tours et dans les poèmes de Venance Fortunat. Elle apparaît comme une
exception parmi les puissantes abbesses du haut Moyen Âge, qui administrent
souvent les monastères dont elles ont la charge avec le souci de défendre les
intérêts de leur famille. La première élection qui a lieu après sa mort
soulève d’ailleurs de vives contestations: une importante révolte des
moniales éclate un an plus tard.
- Labande-Mailfert, Yvonne, «Les débuts de Sainte-Croix», Histoire
de l’abbaye de Sainte-Croix. Quatorze siècles de vie monastique, dir.
Edmond-René Labande, Mémoires de la Société
des Antiquaires de l’Ouest, 19, 1986, p.25-75.
* Seibert, Hubert, «Agnes v. Poitiers», dans Lexikon für Theologie und Kirche, Fribourg, Herder, 1993, t.1,
col.237.
- «Agnès, notre chère gloire, vierge très sainte du Christ, qui par vos
vertus restez sans tache, il vous a plu d’étirer le temps d’aujourd’hui
en m’accordant un secours qui ne m’a pas rassasié et de ne pas donner
maintenant les charmantes modulations de votre langage, elle qui se nourrit de
votre bouche, quand vous lui adressez des paroles [...]. Vous qui êtes ma mère
par votre fonction et ma soeur bien-aimée par l’amitié, vous que j’honore
par la piété, la foi, l’affection, le coeur, par sentiment céleste, sans
ombre d’implication du corps, j’aime non ce que désire la chair, mais
l’esprit. Le Christ est témoin, avec l’assistance de Pierre et de Paul, -de
sainte Marie avec ses pieuses compagnes le voit-, que je n’ai pas eu pour vous
d’autres yeux et d’autres sentiments que si vous étiez Titiana, ma soeur
par le sang, j’étais comme si dans un seul enfantement notre mère Radegonde
nous avait tous deux engendrés dans ses chastes entrailles et comme si
pareillement les chères mamelles de la bienheureuse nous eussent tous deux
nourris du flot de son lait.» (Venance Fortunat, Carmen
XI, 5, dans Poèmes III, éd. et trad.
Marc Reydellet, Paris, Belles Lettres, 2004, p.115-117)
Sylvie
Joye, 2008.
Dictionnaire des femmes de l'ancienne France
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