Résumé - Oeuvres - Choix bibliographique - Choix iconographique - Jugements
OEUVRES
- Lettres: il existe certainement une correspondance très
importante. Pour la correspondance de cour, consulter Archives
des Affaires Étrangères Mémoires et Documents,
fol. 33, 128. Cf. Inventaire sommaire des archives
du département des Affaires étrangères. Mémoires
et documents, Paris, Imprimerie nationale, 1883. Voir aussi
les transcriptions des carnets autographes de Mazarin, réalisées
par et pour Victor Cousin: Manuscrits de la bibliothèque
Victor-Cousin à la Sorbonne, III, n.37-41. Cf.
Deschamps, Paul, «Manuscrits de la bibliothèque Victor-Cousin
à la Sorbonne», Catalogue général
des manuscrits des bibliothèques publiques de France
Université de Paris et Universités des départements,
Paris, Plon, 1918, p.369-465. De longs extraits de ces transcriptions
sont cités dans Victor Cousin, «Carnets autographes
du cardinal de Mazarin», Le Journal des Savants,
1854-1856. Plusieurs extraits de lettres sont également
présents dans la biographie de la duchesse d'Aiguillon
d'Alfred Bonneau-Avenant.
CHOIX BIBLIOGRAPHIQUE
- Bonneau-Avenant, Alfred, La Duchesse d'Aiguillon, nièce
du cardinal de Richelieu, sa vie et ses oeuvres charitables, 1604-1675,
Paris, Didier, 1879.
- Diefendorf, Barbara B., From Penitence to Charity. Pious
Women and the Catholic Reformation in Paris, Oxford University
Press, 2004.
- Fléchier, Esprit, Oraison funèbre de Mme Marie
de Wignerod, duchesse d'Aiguillon,[...] prononcée
en l'église des Carmélites de la rue Chapon, le
12 août 1675, par M. l'abbé Fléchier,
Paris, S. Mabre-Cramoisy, 1675.
- Hildesheimer, Françoise, Richelieu, Paris, Flammarion,
2004.
- Tallemant des Réaux, Gédéon, «Madame
d'Aiguillon», Historiettes [1650], Paris, Pléiade,
1960, vol I, p.304-311
CHOIX ICONOGRAPHIQUE
- 1650-1660? : Jean Leblond, Madame la duchesse d'Aiguillon
(burin sur papier), fait à Paris -- Bibliothèque
et Archives Canada (1990-537-1) -- http://www.collectionscanada.ca/05/0509/050950/05095011_e.html
- av. 1668 : Balthazar Moncornet (v. 1600-1668), Tres Haulte
et tres Puissante Dame Dame Marie de Wignerod, Duchesse D'Aiguillon
(burin sur papier, 16 x 11,20 cm), fait à Paris. Copie
inversée du XIXe siècle (site Gravures dans l'histoire
des Canadiens-Français de Benjamin Sulte, http://www.er.uqam.ca/nobel/r14310/Sulte/1557-1799.html)
-- Montréal, Musée Stewart au Fort de l'île
Sainte-Hélène (Inv. 1978.164) -- Site du Musée
virtuel du Canada: http://www.museevirtuel.ca/PM.cgi?mark=Search&Referer=Home&LM=Gallery&terms=Aiguillon&LANG=Francais&start=1&scope=Gallery&AP=vmc_display&member=1&last=1
- av. 1756? : Paul Malepart de Beaucours (1700-1756, attribué
à), Marie de Vignerot du Pont-de-Courlay, Marquise de
Combalet et Duchesse d'Aiguillon (1604-1675), fondatrice de l'Hôtel-Dieu
de Québec en 1639 (huile sur toile), fait au Canada
-- Québec, Hôtel-Dieu -- Site du Musée de
la civilisation de Québec: http://www.civilization.ca/vmnf/collect/August/duches_e.html
JUGEMENTS
- «Je cherchais l'an passé une âme courageuse
qui put arborer le grand estendard de la charité en ces
contrées: Ce grand Dieu de bonté y a pourveu. J'apprends
que Madame de Combalet y veut mettre la main, et y fonder un Hospital
en la Nouvelle-France» (Paul Lejeune, Relations des Jésuites
pour l'année 1636, Paris, Sébastien Cramoisy,
1636).
- «Le regne de son oncle l'a rendue fort imperieuse; elle
ne sçauroit quitter sa premiere fierté. Elle a de
l'esprit, du sens et de la fermeté; mais elle est brusque
et testue. Nous parlerons après de son avarice. On a fait
bien des medisances d'elle et de Mme de Vigean. [...] Mme de Vigean
se jetta à corps perdu entre les bras de Mme d'Aiguillon;
c'eust esté une tygresse si elle l'eust rejettée.
Elle a esté son intendante, sa secrétaire, sa garde-malade,
et a quitté son mesnage pour se donner entierement à
elle» (Gédéon Tallemant des Réaux,
«Madame d'Aiguillon», Historiettes [1650],
Paris, Pléiade, 1960, vol I, p.304-311, extrait cité
p.309-310).
- «Ce fut pour ce prince [Condé] une sensible douleur
de se voir entre les mains et sous la domination de la duchesse
d'Aiguillon son ennemie, et une grande mortification au duc de
Longueville de traverser en cet état les terres de son
gouvernement. La duchesse d'Aiguillon, de son côté,
n'en fut pas fâchée; et quand ils y furent, elle
dit alors à la marquise de Sablé son amie, en roulant
les yeux au ciel, et paraissant touchée de leur infortune,
que, depuis que ces pauvres princes étaient au Havre, elle
avait oublié toute la haine qu'elle devait avoir pour eux
[...] et qu'en vérité, aussitôt que la paix
générale serait faite, elle avait résolu
dans son âme de bien les servir. La marquise, attachée
aux intérêts des princes, lui répondit qu'elle
les remettait à bien loin, et que des sentiments aussi
charitables et aussi chrétiens que les siens devaient avoir
une plus prompte exécution. Cette dame, dont l'esprit pénétrant
savait sonder les plis et les replis du coeur humain, se moqua
avec moi de cette bonté affectée, bien contraire,
à ce qu'elle croyait, aux véritables sentiments
de madame d'Aiguillon. Peut-être qu'elle se trompait: cette
dame paraissait avoir de la piété» (Madame
de Motteville, Chronique de la Fronde [1653], Paris, Mercure
de France, 2003, p.348).
-«Nous eûmes à l'arrivée des vaisseaux
[1675] une affliction des plus accablantes, ce fut la nouvelle
du décès de notre illustre Fondatrice, Madame la
Duchesse d'Aiguillon qui étoit morte le 17. D'Avril de
cette année; nous regardions cette pieuse & vertueuse
Dame, comme l'appui de notre maison, sans lequel il nous sembloit
que nous ne pouvions pas nous soutenir. En effet nous perdîmes
en elle une grande protection, une solide consolation & un
rare exemple de vertu, elle nous animoit par ses lettres d'une
manière qui ressentoit bien plus une personne consommée
en spiritualité, qu'une Dame de la Cour. Nous la pleurâmes
toute amerement comme notre mere, parce que l'attachement respectueux
que nous avions pour elle étoit très sincere, &
que nous étions consternées & pénétrées
d'une très vive douleur. [...] nous m'épargnâmes
rien pour témoigner combien sa mémoire nous étoit
chère, & quels étoient nos sentiments d'estime,
de vénération et de gratitude; les bien qu'elle
nous a faits méritent qu'on s'en souviennent ici éternellement
[...]» (Jeanne-Françoise Juchereau de St-Ignace et
Marie-André Regnard Duplessis de Ste-Hélène,
Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec (1636-1716),
Montauban, 1751, p.223-225).
- «Les contemporains la décrivent comme cachant sous
le masque de la modestie et de la dévotion son ambition
inassouvie, à laquelle les projets matrimoniaux les plus
brillants ou les plus fous élaborés par son oncle
[...] ne donneront jamais satisfaction. Ajoutons à ce portrait
une touche de préciosité -la dame est un des piliers
de l'hôtel de Rambouillet-, qui habille cocassement sa fierté
et son habileté manoeuvrière de discours patelins
et affectés...» (Françoise Hildesheimer, Richelieu,
Paris, Flammarion, 2004, p.155-56).
Julie Roy, Danielle Haase-Dubosc, 2005.