Résumé - Traduction
- Choix bibliographique
Comme ses soeurs Andrée et Anne,
dont les dates de naissance et de mort sont incertaines, Michèle
d'Aubigné (ou Aubigné, sans la particule) est une
parente (peut-être une cousine, ou une tante) de Jean d'Aubigné,
le père d'Agrippa. Contrairement à une affabulation
généalogique imaginée par Madame de Maintenon,
la petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, au moment de prouver
ses quartiers de noblesse, la famille de Jean d'Aubigné
appartient au milieu roturier des artisans cordonniers et tanneurs
de Loudun. Une proche parente de Jean, peut-être une soeur,
épouse Daniel Bécasse, un sergent d'Archiac, près
de Pons en Saintonge, où naîtra Agrippa d'Aubigné.
Une autre parente, Jeanne d'Aubigné, mariée vers
1520 à François Joly, tanneur et corroyeur à
Loudun, donne naissance à cinq enfants, dont Michèle
et ses deux soeurs.
Michèle est l'aînée.
Convertie à la Réforme, elle entre comme femme de
chambre auprès de Jacquette de Montbron, dame d'Archiac,
épouse d'André de Bourdeille, sénéchal
de Périgord et frère aîné du célèbre
Brantôme. Elle-même épouse, dans cette localité,
Aubin d'Abeville, juge d'Archiac et de Matha, qui deviendra curateur
d'Agrippa après la mort de son père en 1563. Elle
meurt probablement vers 1577 sans laisser de postérité.
Sa soeur, Anne Joly, prend du service auprès de Jeanne
de Montpezat, douairière d'Archiac, et se marie avec Martial
Bernard, receveur de cette même ville, conseiller et secrétaire
du roi, audiencier en la chancellerie de Bordeaux. Cet homme fortuné
va léguer ses nombreux biens, terres et propriétés
à sa femme qui meurt en 1621, au terme d'une longévité
exceptionnelle.
Michèle et Andrée Joly, bien
implantées dans de puissantes familles d'Archiac, ont donc
joué un rôle décisif dans l'ascension sociale
de leur parent Jean d'Aubigné. C'est grâce à
elles qu'il est introduit d'abord comme intendant et secrétaire
chez Jacquette de Montbron vers 1540, puis chez Jeanne de Montpezat.
Il accédera à la fonction de juge de Pons et de
conseiller d'Antoinette de Pons, chez qui il rencontrera sans
doute sa future femme, Catherine de L'Estang.
Aucune recherche n'a pour l'instant permis d'en connaître
davantage sur ces trois femmes.
Like her sisters Andrée and Anne, whose dates of birth and death remain unknown, Michèle d'Aubigné (or Aubigné, without the particle) was related to (was perhaps a cousin or an aunt of) Jean d'Aubigné, Agrippa's father. Contrary to the genealogy that Agrippa d'Aubigné's granddaughter Mme de Maintenon invented in order to claim noble origins, Jean d'Aubigné's family were in fact commoners, craftsmen from the group of shoemakers and tanners in Loudun. A close relative of Jean's, perhaps a sister, married Daniel Bécasse, sergeant of Archiac near Pons en Saintonge, where Agrippa d'Aubigné was born. Around 1520, another relative, Jeanne d'Aubigné, married François Joly, a tanner and currier in Loudun, and subsequently gave birth to five children, including Michèle and her two sisters.
Michèle was the eldest child. A convert to Protestantism, she became a lady's maid to Jacquette de Montbron, lady of Archiac, wife of André de Bourdeille, the seneschal of Perigord, and the older brother of the famous Brantôme. She married Aubin d'Abeville, a judge in Archiac and Matha in the same area, who became Agrippa's guardian after his father died in 1563. Michèle probably died around 1577 without an heir. Her sister, Anne Joly, then entered the service of Jeanne de Montpezat, dowager of Archiac, and married Martial Bernard, an officer of the same town, who was also the king's counsellor and secretary and an usher in the chancellery of Bordeaux. This man of means left his numerous possessions, lands and properties to his wife, who died in 1621, after an exceptionally long life.
Michèle and Andrée Joly, well connected to the powerful families of Archiac, thus played a decisive role in the social rise of their relative Jean d'Aubigné. Thanks to them he was placed first as a steward and secretary to Jacquette de Montbron, around 1540, and then with Jeanne de Montpezat. He rose to the position of judge of Pons and counsellor to Antoinette de Pons, where he no doubt met his future wife, Catherine de L'Estang.
At present, research has yielded no further information about these three women.
(traduction de Michelle Sommers)
CHOIX BIBLIOGRAPHIQUE
- Schrenck, Gilbert, «Les origines d'Agrippa d'Aubigné»,
Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme
Français, 1983, p.489-518.
Gilbert Schrenck, 2005.