Résumé - Traduction
- Oeuvres - Choix
bibliographique - Jugements
Lucile (Angélique-Dorothée-Louise)
Grétry, was an extraordinary composer in three respects:
she was a woman; she was a child prodigy; and she was enormously
successful during her tragically short life. She was one of three
daughters of the famous opera-comique composer André-Ernest-Modeste
Grétry (1741-1813) and the painter Jeanne-Marie Grandon
(1746-1807). Her two operas were written and performed while she
was still a teenager, both at the Comédie-Italienne. André
Grétry was Lucile's principal teacher; his extensive autobiographical
and philosophical writings discuss women composers in general,
and his daughter in particular.
She was introduced at court where her father
had a prominent position as court composer. Her first opera, Le
mariage d'Antonio (1786, libretto by "Mme de Beaunoir"
pseudonym attributed to Alexandre-Louis Robineau) is a sequel
to her father's Richard Coeur de Lion (1784). It was well-received
at the Comédie-Italienne, with 47 performances between
1786 and 1791. Her second opera, Toinette et Louis (1787,
libretto by Patrat), failed after its initial performance at the
same theatre, her family blaming the failure on Lucile's unhappy
marriage. Both of Lucile Grétry's operas follow in the
paysannerie tradition of her father. A little over two
years following the performance of Toinette et Louis, she
fell victim to tuberculosis, dying at the age of eighteen. This
early death provoked the nineteenth-century critic Arsène
Haussaye to declare: "Sans la mort, qui vint la prendre à
seize ans [sic], le plus grand musicien du dix-huitième
siècle serait peut-être une femme."
Fille du célèbre compositeur d'opéras-comiques André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813) et de la peintre Jeanne-Marie Grandon (1746-1807), Lucile (Angélique-Dorothée-Louise) Grétry est une compositrice exceptionnelle à trois égards: c'est une enfant prodige, c'est une femme et, pendant sa courte vie, elle connaît un immense succès. Adolescente, elle compose deux opéras qui sont joués à la Comédie-Italienne. Elle doit l'essentiel de son enseignement à son père qui évoque d'ailleurs, dans ses nombreux écrits autobiographiques et philosophiques, les compositrices en général et, plus particulièrement, sa fille.
Lucile est présentée à la cour où André Grétry, qui en est le compositeur officiel, tient une place importante. Son premier opéra, Le mariage d'Antonio (1786, livret de «Mme de Beaunoir», pseudonyme attribué à Alexandre-Louis Robineau), est la suite d'une oeuvre de son père, Richard Coeur de Lion (1784). Il est bien accueilli à la Comédie-Italienne où 47 représentations sont données entre 1786 et 1791. Le second, Toinette et Louis (composé en 1787 sur un livret de Patrat), est retiré de l'affiche après une première représentation dans ce même théâtre, un échec que les Grétry attribuent au mariage malheureux de Lucile. Comme ceux de son père, ces deux opéras se situent dans la veine paysanne. Lucile Grétry meurt de la tuberculose à l'âge de 18 ans, un peu plus de deux ans après la représentation de Toinette et Louis. Une mort prématurée qui, au XIXe siècle, fera dire au critique Arsène Haussaye : «Sans la mort, qui vint la prendre à seize ans [sic], le plus grand musicien du dix-huitième siècle serait peut-être une femme».(traduction de Sylvie Déléris)
OEUVRES
- 1786 : Le Mariage d'Antonio, Paris, Huguet. Création
le 29 juillet 1786 à la Comédie-Italienne.
- 1787 : Toinette et Louis (partition perdue), inédit.
Création le 22 mars 1787 à la Comédie-Italienne,
Paris.
CHOIX BIBLIOGRAPHIQUE
- Bouilly, J. N. Mes récapitulations. Paris (?),
Louis Janet, 1836, vol.1, p.323-342.
- Grétry, André-Ernest-Modeste. Mémoires,
ou essais sur la musique [1788]. Reprint, New York, Da Capo,
1971, vol.3, p.382-384.
- Haussaye, Arsène. Portraits du dix-huitième
siècle. Paris, Lecau, 1854, vol.2, p.242.
* Letzter, Jacqueline et Adelson, Robert. Women Writing Opera:
Creativity and Controversy in the Age of the French Revolution.
Berkeley, University of California Press, 2001.
Jacqueline Letzter et Robert Adelson, 2004.
JUGEMENTS
- (à propos du Mariage d'Antonio) «Comme je
ne veux point altérer la candeur de son âge [...]
je dois dire qu'ayant elle-même composé tous les
chants avec leurs basses et un léger accompagnement de
harpe, j'ai écrit la partition, qu'elle n'étoit
pas en état de faire. Les morceaux d'ensemble ont été
rectifiés par moi; cette composition exigeant une connoissance
du théâtre que je serois bien faché qu'elle
eût acquise. [...] C'est à titre d'encouragement
que je lui ai permis cet essai; mais le public seul peut lui permettre
de continuer. C'est à lui d'encourager un sexe qui [...]
pourroit trouver à-la-fois la gloire et l'aisance honnête,
dont les chemins lui sont partout fermés» (André
Grétry, «Lettre au Journal de Paris»,
Journal de Paris, no 210 [29 juillet 1786], in Froidcourt,
Correspondance générale, p.132-133).
- (à propos de Toinette et Louis) «Mademoiselle
Grétry a confirmé, par les chants agréables
dont elle a semé cet ouvrage, les espérances qu'elle
avait données dans le Mariage d'Antonio. On y a
même remarqué des progrès qui en promettent
encore de nouveaux» (Levacher de Charnois, Costumes [et
Annales] des grands théâtres de Paris, 1786,
XLIV).
- (à propos de Toinette et Louis) «Jeunes
rosiers, jeunes talents/ Ont besoin du secours du maître./
Un petit auteur de treize ans/ Est un rosier qui vient de naître./
Il n'offre qu'un bouton nouveau;/ Si vous voulez des fleurs écloses,/
Daignez étayer l'arbrisseau,/ Quelques jours vous aurez
des roses» (Bachaumont, Mémoires secrèts,
27 mars 1787, t.34, p.328-329).
- (à propos de Toinette et Louis) «Ce Compositeur
est Mlle Grétri [sic], qui fait des progrès
étonnans dans son Art, à en juger par cette nouvelle
production, où il y a encore plus de grace, de fraîcheur
& d'agrémens que dans la musique du Mariage d'Antoni.»
(Antoine d'Origny, Annales du Théâtre Italien...,
voir supra).