La vie de Charlotte de Minut est très
mal connue. Son père, Jacques de Minut, était premier
président du parlement de Toulouse, son frère, Gabriel,
écrivain, sénéchal de Rouergue, et conseiller
de Catherine de Médicis. Charlotte nous indique qu'elle
a été élue abbesse du couvent de l'Ordre
de Sainte-Claire de Toulouse en 1585.
Son oeuvre répertoriée consiste
en deux préfaces aux éditions de son frère,
que Charlotte entreprend de publier après sa mort (1587).
Charlotte y adresse des conseils sur la politique française
et catholique au pape Sixte V et à la reine mère,
Catherine de Médicis. Elle les encourage à soutenir
la position catholique en France contre les huguenots tout en
cherchant un soutien financier pour son couvent qui a été
endommagé par les conflits religieux locaux. Elle insiste
sur le fait que ses devoirs d'abbesse et de bonne chrétienne
l'obligent à parler publiquement aux pouvoirs politiques.
Sa décision d'utiliser l'espace discursif de la préface
pour aborder les affaires politiques de son époque est
remarquable. Toutefois son oeuvre ne reçoit ni des huguenots
ni des catholiques l'attention qu'a rencontrée la publication
des écrits de sa contemporaine, la religieuse Anne de Marquets.
Ses oeuvres ne sont disponibles que dans les éditions originales,
et il n'existe qu'une seule analyse moderne de sa pensée.
Charlotte de Minut's life is ill known. Her father, Jacques de Minut, was First President of the Parlement of Toulouse, her brother Gabriel, a writer, seneschal of Rouergue and counselor of Catherine de' Medici. Charlotte herself indicates that she was elected abbesss of the convent of the Order of St. Clare of Toulouse in 1585.
Her documented work consists of two prefaces for her brother's writings that Charlotte took upon herself to publish after his death in 1587. In these Charlotte proffers advice on French and Catholic politics to Pope Sixtus V and to the queen mother, Catherine de' Medici. She encourages them to support the Catholic position in France against the Huguenots and appeals for financial assistance for her convent, which had been damaged during local religious conflicts. She insists that it is her duty as abbess and as a good Christian that obliges her to publicly address powerful political insitutions. Her decision to use the discursive space in the preface to broach the public affairs of her time is particularly noteworthy. Despite this neither the Huguenots nor the Catholics paid the same attention to her works as they did to publications by her contemporary, the nun Anne de Marquets. Her writings are available only in the original editions, and only one modern analysis of her thought exists.
(traduction d'Hannah Fournier)
OEUVRES
-1587 : "A Nostre Sainct Pere le Pape Sixte Cinquieusme
de ce Nom", in Gabriel Minut, Morbi Gallos. Infestantis
Salubris curation et sancta medicina: HOC EST, Malorum, quae intestinum
crudeléque Gallorum bellum inflammant, remedium, Auctore
Gabriele Minutio, Lyon, Barthelemy Honorat, 1587, p.3-18.
-1587 : "Epistre à Royne" [Catherine de Médicis],
in Gabriel de Minut, De la beauté, avec la Paule-graphie
Lyon, Barthelemy Honorat, 1587, p.3-19.
CHOIX BIBLIOGRAPHIQUE
Broomhall, Susan. "'In my opinion': Charlotte de Minut
and Female Political Discussion in Print in Sixteenth-Century
France". The Sixteenth Century Journal, 31, 1, Spring
2000, p.25-45.
Susan Broomhall 2003.