Résumé - Oeuvres - Choix bibliographique - Jugements
OEUVRES
- 1678: Maximes de Madame la marquise de Sablé et
pensées diverses de M.L.D, publiées par l'abbé
Nicolas d'Ailly, Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy -- Rééditées
par Jean Lafond à la suite des Maximes de La Rochefoucauld,
Gallimard, Folio, 1976, et in Moralistes du XVIIe Siècle,
Paris, Bouquins Laffont, 1992.
- Correspondance et réflexions diverses encore inédites
ou partiellement publiées dans les ouvrages consacrés
à Mme de Sablé par Victor Cousin (voir infra;
«Choix bibliogr.»).
- Edouard Barthélemy, dans Madame la comtesse de Maure,
sa vie et sa correspondance suivies des Maximes de Madame de Sablé
et d'une étude sur la vie de Mademoiselle de
Vandy, J.Gray, Paris, 1863.
- Edouard Barthélemy, dans Les amis de la marquise de
Sablé, Recueil des lettres des principaux habitués
de son salon, annotées et précédées
d'une introduction historique sur la société précieuse,
Dentu, Paris, 1865.
CHOIX BIBLIOGRAPHIQUE
[Les Portefeuilles Vallant, manuscrits conservés
à la Bibliothèque Nationale de France, recueil de
documents du médecin et secrétaire de Mme de Sablé,
relatifs aux habitués du salon et aux sujets de conversation,
montrent quelle place de premier plan occupait Madame de Sablé
dans la culture de l'époque.]
- Cousin, Victor. Madame de Sablé. Nouvelles études
sur les femmes illustres et la société du XVIIe
siècle. Paris, Didier, 1854.
* Craveri, Benedetta. «La marquise de Sablé»,
in L'Âge de la conversation. Paris, Gallimard, 2002,
p.109-147 [Milan, Adelphi, 2001].
- Eliot, George. «Women in France: Madame de Sablé»
(Westminster Review, October 1854), in Essays of George
Eliot, Thomas Pinney éd. London, Routledge and Kegan
Paul, 1963, p.52-81.
- Ivanoff,Nicolas. La Marquise de Sablé et son salon.
Paris, Les Presses Modernes, 1927.
- Lafond, Jean. «Madame de Sablé, La Rochefoucauld,
Jacques Esprit: un fond comun, trois oeuvres» et «Madame
de Sablé et son salon», in L'Homme et son image.
Morales et littérature de Montaigne à Mandéville.
Paris, Champion, 1996.
JUGEMENTS
- «Jamais personne n'a si parfaitement connu toutes
les différences de l'amour que la Princesse de Salamis
les connoist: et je sache rien de si agréable que de luy
entendre faire la distinction d'une amour toute pure à
une amour grossière et terrestre; d'une amour sincère
à une amour feinte, et d'une amour d'intérêt
à une amour héroïque [...] et tout ce qui dépend
de cette passion, est si parfaitement de sa connaissance, que
Vénus et Uranie ne la connoit guère mieux»
(Mlle de Scudéry, portrait à clé de Mme de
Sablé, Artamène ou le Grand Cyrus (1649-1653),
10 vol., réimpression de l'édition de Leyde, Paris,
Augustin Courbé, 1656 [Genève, Slatkine Reprints,
1972], 6e partie, livre 1er, vol VI, p.72-73).
- «Vous êtes doctissime dans les passions, les dégoûts,
les instances et les fourberies du monde» (Lettre de Mère
Angélique Arnauld à Mme de Sablé, s.d., [v.
1659], in Charles Augustin Sainte-Beuve, Port-Royal, Maxime
Leroy éd., 3 vol., Paris, Gallimard, «la Pléiade»,
1953-1955, vol.III, p.82).
- «En vérité, c'est moi qui puis dire, sans
vous flatter, que quelque bien que vous ayez toujours écrit,
vous écrivez encore mieux que vous n'avez jamais fait.
Ce qui vient à mon avis de ce que le jugement croît
sans cesse et se sert ainsi avec plus d'art et de conduite des
lumières de l'esprit [...] Mais ce qui me le fait encore
plus estimer, c'est que, quelque grand que soit votre jugement
et votre esprit, ils y ont beaucoup moins de part que votre coeur.
Il faut sentir ces choses-là pour les pouvoir penser et
les pouvoir dire» (Lettre de Robert Arnauld d'Andilly à
Mme de Sablé, 28 janvier 1661, in Victor Cousin, Madame
de Sablé, Paris, Didier, 1869, p.357).
- «Vous savez bien que je ne crois que vous sur des certains
chapitres, et surtout sur les replis du coeur» (Lettre de
La Rochefoucauld à Mme de Sablé, fin 1662/1663 env.,
in Maximes, suivies des Réflexions diverses, du Portrait
de La Rochefoucauld par lui-même et des Remarques de Christine
de Suède sur les «Maximes», Jacques Truchet
éd., Paris, Garnier, 1967, p.550).
- «Son esprit était si grand et si beau, que j'ai
vu des hommes savants ignorer beaucoup de choses qu'elle savait»
(Mémoires de Madame de Motteville sur Anne d'Autriche
et sa cour,[1669], M.F.Riaux éd., 4 vol., Paris, Charpentier,
1885, vol I, p.12).
- «Jamais personne n'a porté la politesse à
un plus haut point de perfection» (Nicolas d'Ailly, Préface
aux Maximes de Madame la marquise de Sablé et pensées
diverses de M.L.D., Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy,
1678, p.6).
Benedetta Craveri, 2004.