- Autrice, Authoresse
- 1480 : «Lettres-patentes en parchemin, escrites en langage gascon, de Magdeleine, fille du roy Charles VIIe de France et soeur du roy Louis XIe, vefve du prince de Viane, et mère, autrice et gouvernante de François-Phoebus, roy de Navarre, duc de Nemours [...] par lesquelles lettres ladicte dame fait ledict Bernard de Béon chambellan dudict Roy, son fils et ce avec honorable commémoration de ses services, scellées de l’an 1480»
- Bibliothèque impér., cabinet des titres, dossier de Béon ; preuves pour l’ordre du Saint-Esprit). Cité dans Nobiliaire de Guienne et de Gascogne, Par Henri Gabriel O'Gilvy, Typographie G. Gounonilhou, 1860.
-
- 1524 : «Après donc la malédiction
du serpent, le doux et bon médecin faict et baille les
emplastres et cauteres necessaires pour la guerison de la playe
de nature humaine, preservation et conservation de santé,
s'adressant à la femme, comme auctrice de péché
et plus blessée».
- Briçonnet, lettre à Marguerite d'Angoulême,
31 août 1524.
-
- 1573 : «Ils permettront que la malice,
- Contre ta vertu rebouchant,
- Recherra dessur son authrice,
- Bourreau de son crime mechant.» (v.1609)
«Et toy, pauvre vieillotte, authrice malheureuse
- D'un esclandre si grand pour ta Dame amoureuse,
- Pourras-tu regarder le sainct thrône des Dieux »
(v.1885)
- Robert Garnier, Hippolyte, 1573.
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- 1581 : «J'ay recouvert quelques petites oeuvres
poétiques... par le moyen de mes amis et de la mesme damoiselle
autrice du précédent discours»
- Marie de Romieu, «L'Imprimeur au lecteur»,
Oeuvres poétiques, 1581.
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- 1582 : «Tous les maux d'Etolie l'occision de
tant de gens, voire la mort de Meleager : ils disent que tout
cela vient de Diane, qui en fut l'autrice» [«Sacrifices,
1»]
- «Comme si, estant maistresse et autrice de toutes
ces choses elle prenait sus soy-mesme toute la coulpe»
[«Du Chercheur de repues franches, 2»]
- Lucien de Samostate, Oeuvres, trad. du grec par Filbert
Bretin, 1582.
-
- fin XVIe : «On l'a fort accusée
du massacre de Paris: ce sont lettres clauses pour moi quand
à cela, car j'estois à nostre embarquement de Brouage;
mais j'ai bien ouy dire qu'elle n'en fut la première autrice
».
- Brantôme, «Discours sur la reine Catherine de
Médicis», in Étienne Vaucheret (éd.),
Recueil des Dames, poésies et tombeaux, Paris,
Gallimard, «La pléiade», 1992, p.48.
-
- 1639 : [À propos de la marquise de Sablé]
«Tout ce que vous dittes sur les femmes autrices
est admirable»
- Chapelain, «Lettre à M. de Balzac, 9 oct. 1639»,
in Ph. Tamizey de Larroque (éd.), Lettres, Paris,
Impr. nat., 1880-1883, tome I.
-
- 1651 : «Pour parvenir à la conqueste de cette insigne Toison d’or, les poëtes ont feint que la déesse Pallas avoit esté l’autrice de la grande nef Argo, dans laquelle Jason et ses illustres conquerans s’embarquerent pour le voyage de Colchose […]»
- Apothéose de Madame la duchesse de Longueville, princesse du sang, sn, sl, p.4.
-
- 1662 : [à propos de Mlle Desjardins pour son
Carrousel du Dauphin]
- «Au Carrousel de notre Roi,
- La jeune Autrice de Torquate,
Pièce charmante et délicate,
A fait en style net et fin,
Un Carrousel pour le Dauphin.»
- Loret, La Muse historique, 27 mai 1662.
-
- 1682 : «Un Homme est un Autheur, une Femme est
autrice. Appelez-donc Madame Autrice, et
non Autheur»
- De la Thuillerie, Crispin bel esprit, Paris, J. Ribou,
1682, sc.10.
-
- 1689 : «Il faut dire cette femme est Poëte,
est Philosophe, est Médecin, est Auteur, est Peintre ;
et non Poëtesse, philosophesse, Médecine, Autrice,
Peintresse, etc.»
- Nicolas de Boisregard, Reflexions sur l'usage présent
de la langue française, 1689, p. 228.
-
- 1750 : «Quoique le terme de spectarice ne soit
pas nouveau, l'usage qui s'est déclaré contre celui
d'authrice sembla par là avoir proscrit
le premier dans un sens à peu près semblable ;
mais il fallait exprimer le sexe vrai ou prétendu de l'Auteur,
le but qu'il se propose On aurait pu lui donner simplement le
titre de Spectateur femelle, en traduisant littéralement
celui de l'original ; mais cette expression paraissait basse,
peu correcte et on n'osait pas s'en servir.»
- La Spectatrice, «Avertissement sur le titre»,
La Haye 1750.
-
- 1752 : «Autrice. s. f. Mot que l'usage
n'admet pas, pour signifier celle qui a composé un ouvrage
d'esprit. J'avais déjà lu plus d'une fois, Madamoiselle,
la lettre sur les bons mots, insérée dans le Mercure
du mois d'avril dernier, lorsque Madame la Marquise de la S.**
me dit que vous en êtes l'autrice. Mercure, juin 1726.
Il falloit dire l'auteur, suivant le bon usage et la décision
de l'Académie Françoise.»
- Dictionnaire universel français et latin, vulgairement
appelé Dictionnaire de Trévoux, Paris, Compagnie
des Libraires associés,1752.
-
- 1777 : [à propos des Proverbes dramatiques
de Madame Delaisse, publiés «chez la veuve Duchesne,
Libraresse, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût;
et chez l'Auteur, au Luxembourg»]
- «Permettez-moi de vous dire, Madame la Comtesse, que
j'aurais voulu que Madame Delaisse eût mis chez l'Autrice,
comme j'ai mis Libraresse. Ces qualifications ne sont
pas approuvées, il est vrai, par l'Académie Française,
mais elles n'en sont pas moins bonnes et significatives; d'ailleurs
l'usage les autorise: car nous disons tous les jours à
Paris, une Notaresse, une Commissaresse, une Libraresse,
etc. Revenons au mot forgé d'Autrice; il
n'est point nouveau, plusieurs fois on l'a dit et même
écrit: ce mot d'Autrice est consigné dans
les fastes [sic] de l'Histoire du Théâtre Français,
tome XIII, p. 58. Je transcris l'article, "le Voleur ou
Titapapouf, petite Comédie de Mademoiselle de Longchamps,
non imprimée, représentée pour la première
fois le mardi 4 novembre 1687". MM. Parfait rapportent ensuite
l'extrait du Registre de l'année, conçu en ces
termes:"Mardi 4 novembre, Britannicus et la première
représentation du Voleur ou Titapapouf, par Mademoiselle
Longhamps, Souffleuse, part d'Autrice 9 liv." "Vendredi
7 novembre, Bérénice et la seconde représentation
de Titapapouf part d'Autrice 9 liv. Samedi 8 novembre,
Mitridate, et la troisième et dernière représentation
de Titapapouf part d'Autrice 9 liv." Me voilà,
ce me semble, assez autorisé à me servir du nom
d'Autrice, pour signifier une femme de Lettres.»
De Coudray, «Annonces et Extraits des Ouvrages dramatiques,
ou relatifs à cet Art», Correspondances dramatiques,
Tome I, Lettre XIV [en réalité: Lettre XVI], 1er
juin 1777, p.257-258.
-
- 1784 : «Ah ! ciel ! une femme AUTRICE!
Mais c'est le comble du délire! [...] Une femme AUTRICE
sort des bornes de la modestie prescrite à son sexe. [...]
Toute femme qui se produit en public, par sa plume, est prête
à s'y produire comme actrice, j'oserais dire comme courtisane:
si j'en étais cru, dès qu'une femme se serait fait
imprimer, elle serait aussitôt mise dans la classe des
comédiennes et flétrie comme elles: ainsi, je ne
permettrais d'écrire qu'aux femmes entretenues et aux
actrices. J'accorderais aux AUTRICES le privilège
flétrissant des filles de théâtre, qui les
soustrait au pouvoir paternel: car c'est là surtout ce
qui établit la bassesse des comédiennes, les tire
du rang des citoyennes, et les place dans la classe des prostituées».
- N. Restif de la Bretonne, La Paysanne pervertie, Slatkine
reprints, 1988 [1784], p.143.
-
- 1785 : «Calliope, la Première des fammes-auteurs,
autrices ou auteuses, n'avait fait qu'un ouvrage,
mais d'un grand mérite, quoique ce fût un Roman»
- N. Restif de la Bretonne, Les Contemporaines graduées,
XXXIX, 32,1785.
-
- 1801 : «Quand on est Autrice, il faut
être une Autrice distinguée: alors c'est
bien. Mais il faut révéler: Quod latet arcana
inenaurabile fibra. Les auteurs encensent, adulent les Autrices,
mais ils ne les aiment pas.»
- Louis Sébastien Mercier, Néologie ou vocabulaire
de mots nouveaux à renouveler ou pris dans des acceptations
nouvelles, Paris, Moussard/ Maradan,1801.
-
- 1847 : «Il vous plaît que Mme Farrenc,
par exemple, dont le nom brille d'un vif éclat parmi ceux
des femmes vivantes que cite notre collaborateur, soit "excellente
auteur" dans un genre qui paraissait inaccessible à
son sexe: la grande symphonie, et que "cette savante compositeur"
regrette de n'avoir pu écrire pour la scène. [...]
Les noms d'auteur et de compositeur appliqués aux femmes
avec une terminaison masculine sont pour elles une véritable
injure et semblent précisément indiquer cette interdiction
qui a si fort choqué M. Bourges».
- Adrien de La Fage, «Supplément aux deux articles
des femmes compositeurs», Revue et Gazette musicale
de Paris, 14, 3 oct.1847, p.323-325.
1864 : «Mais en Angleterre, les authoress
sont, la plupart du temps, des jeunes filles emportées
vers la carrière littéraire par la passion des
lettres, ou même simplement élevées pour
être médecines ou avocates»
- J. Claretie, La Libre parole, 1864.
- 1899 : «Un journal discourait naguère
sur authoresse, et, le proscrivant avec raison, le voulait
exprimer par auteur. Pourquoi cette réserve, cette peur
d'user des forces linguistiques? Nous avons fait actrice, cantatrice,
bienfaitrice, et nous reculons devant autrice, et nous
allons chercher le même mot latin grossièrement
anglicisé et orné, comme d'un anneau dans le nez,
d'un grotesque th.»
- Rémi de Gourmont, Esthétique de la langue
française, 1899, p.88.
-
- 1996 : [à la définition d'«auteur»]
«Rem. Il existe un féminin, autrice».
- Alain Rey et Josette Rey-Debove (dir), Le Petit Robert,
éd. 1996.
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- 1999 : «Toutes les "autrices"
sont minorées. Pourquoi étudie-t-on moins George
Sand que Flaubert ou Stendhal? Quel livre d'histoire accorde
une place à Olympe de Gouges, qui a écrit la "Déclaration
des droits de la femme et de la citoyenne"?»
- «Ségolène Royal et la "parité
intellectuelle"», Elle, 11 octobre 2006.
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- 2003 : [à la définition d'«auteur»] «Rem. La forme féminine est autrice (lat. auctrix): on la rencontre parfois aux sens 2 [auteur de (un livre, une oeuvre d'art)], 3 [personne qui a fait un ou pluieurs ouvrages littéraires] et 4 [Par ext. personne qui écrit des textes de chansons]».
- [une entrée «autrice» renvoie à
l'entrée «auteur».]
- Alain Rey et Josette Rey-Debove (dir), Le Petit Robert,
éd. 2003.
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- 2006 : «Louise Labé [...] s'inscrit donc dans ce qui deviendra une grande tradition française, celle de ces autrices supposées, objet de prédilection des écrivains mâles [...]» [à propos de cette polémique, consulter notre rubrique «Louise Labé attaquée!»]
- Mireille Huchon, Louise Labé, une créature de papier, Genève, Droz, p.274.
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