Accomodeuse

1699 : Archives de l'Hôtel-Dieu de Lyon, F 91, registre d'entrées des malades civils, avril 1699, entrée d'Aymée Thivert, 24 ans, accomodeuse de bas.

Amateuse

1784 : «Vos remarques gramaticales n'apprennent autre chose, sinon que vous ignorez le langaje du peuple [...] flatrice n'est pas sérieusement dans mes Ouvrages; j'avoue Prejugiste; Peintresse, Amateuse, Imprimeuse pouvaient se dire dans mes Nouvelles; où il s'agit des Fammes de ces états: la première loi est d'être clair, et ces noms l'étaient parfaitement dans la circonstance: mais il y a plus; ces mots sont d'usage parmi les Heroïnes que j'historie, et dès lors j'ai pu, j'ai dû les employer.»
Restif de la Bretonne, «Réponse au journaliste de **», La Prévention particulière, 1784.

Apôtresse

1622 : «la Madeleine est la seule âme à qui le Rédempteur ait jamais prononcé cette parole et promis cette auguste grâce: "en tous lieux où se prêchera l'Évangile, il sera parlé de toi". D'ailleurs, Jésus-Christ déclara sa très heureuse et très glorieuse résurrection aux dames les premières, afin de les rendre, selon le célèbre mot de Saint Jérôme au Prologue sur le Prophète Sophronias, apôtresses aux propres apôtres [aux apôtres eux-mêmes], et comme l'on sait, avec mission expresse: "Va, dit-il à cette-ci même, et récite aux apôtres et à Pierre ce que tu as vu".»
Marie de Gournay, L'Egalité des hommes et des femmes, 1622, in Oeuvres Complètes, éd. J.Cl. Arnould et al., Paris, H. Champion, 2002, p.985.

Apprentisse

1475 : «Que les femmes ouvrant et qui besognent dudit métier de présent en ladite ville de Paris seront maîtresses audit métier si être le veulent, en payant pour leur nouvelle maîtrise et entrée 12 sols parisis, comme dit est ci-dessus des hommes [...]. Les apprentisses pourront être reçues maîtresses en faisant chef d'oeuvre et en payant telle somme à appliquer en la manière comme est dit ci-dessus. [...] en effet et substance, tous les points et articles ci-dessus contenus seront communs et s'étendront et appliqueront tant aux femmes que aux hommes, soit qu'il touche la maîtrise ou les ouvrages ou autre chose dudit métier.»
Statuts des tissutiers de Paris, cités par Henri Hauser, Ouvriers du temps passé (XVe et XVIe siècles), Paris, Félix Alcan, 1900, p.154 [le cas est exceptionnel; l'égalité des traitements est attaquée depuis le milieu du siècle précédent].

Architectisse 

1784 : «IV. L'Architectisse, ou la Famme au Mari partagé.»
Rétif de la Bretonne, Les Contemporaines graduées: ou Avantures des Jolies-Fammes de l'âge actuel, Leïpsick, Büschel, 1784, p.199. 

Artificière

1768 : «Spectacle pyrique de Mlle Saint-André artificière du Roi, seule approuvée de l'Académie Royale des Sciences.»
Fréron, L'Année littéraire, 1768, III, p.118-119.

Assassine

XVIIIe s.: «Je ne crois pas non plus qu'assassine puisse être pris substantivement; il n'est admissible que comme adjectif, encore y-a-t-il très peu d'occasion où l'on puisse l'employer. Il se peut, pourtant, que du temps de Corneille, il fût reçu en poésie, ou qu'il ait projeté d'en enrichir la langue française: ce qu'il y a de certain, c'est que l'Académie ne l'a point adopté comme substantif féminin, et peut-être a-t-elle eu tort; car les crimes et les assassinats étant communs aux deux sexes, pourquoi dit-on: c'est un assassin? et pourquoi rejette-t-on: c'est une assassine?»
Lekain, in Mémoires de Lekain, précédés de réflexions sur cet acteur et sur l'art théâtral, par M. Talma, Paris, Etienne Ledoux, 1825.

 Autrice, Authoresse

1480 : «Lettres-patentes en parchemin, escrites en langage gascon, de Magdeleine, fille du roy Charles VIIe de France et soeur du roy Louis XIe, vefve du prince de Viane, et mère, autrice et gouvernante de François-Phoebus, roy de Navarre, duc de Nemours [...] par lesquelles lettres ladicte dame fait ledict Bernard de Béon chambellan dudict Roy, son fils et ce avec honorable commémoration de ses services, scellées de l’an 1480»
Bibliothèque impér., cabinet des titres, dossier de Béon ; preuves pour l’ordre du Saint-Esprit). Cité dans Nobiliaire de Guienne et de Gascogne, Par Henri Gabriel O'Gilvy, Typographie G. Gounonilhou, 1860.
1524 : «Après donc la malédiction du serpent, le doux et bon médecin faict et baille les emplastres et cauteres necessaires pour la guerison de la playe de nature humaine, preservation et conservation de santé, s'adressant à la femme, comme auctrice de péché et plus blessée».
Briçonnet, lettre à Marguerite d'Angoulême, 31 août 1524.
 
1573 : «Ils permettront que la malice,
Contre ta vertu rebouchant,
Recherra dessur son authrice,
Bourreau de son crime mechant.» (v.1609)
«Et toy, pauvre vieillotte, authrice malheureuse
D'un esclandre si grand pour ta Dame amoureuse,
Pourras-tu regarder le sainct thrône des Dieux » (v.1885)
Robert Garnier, Hippolyte, 1573.
 
1581 : «J'ay recouvert quelques petites oeuvres poétiques... par le moyen de mes amis et de la mesme damoiselle autrice du précédent discours»
Marie de Romieu, «L'Imprimeur au lecteur», Oeuvres poétiques, 1581.
 
1582 : «Tous les maux d'Etolie l'occision de tant de gens, voire la mort de Meleager : ils disent que tout cela vient de Diane, qui en fut l'autrice» [«Sacrifices, 1»]
«Comme si, estant maistresse et autrice de toutes ces choses elle prenait sus soy-mesme toute la coulpe» [«Du Chercheur de repues franches, 2»]
Lucien de Samostate, Oeuvres, trad. du grec par Filbert Bretin, 1582.
 
fin XVIe : «On l'a fort accusée du massacre de Paris: ce sont lettres clauses pour moi quand à cela, car j'estois à nostre embarquement de Brouage; mais j'ai bien ouy dire qu'elle n'en fut la première autrice ».
Brantôme, «Discours sur la reine Catherine de Médicis», in Étienne Vaucheret (éd.), Recueil des Dames, poésies et tombeaux, Paris, Gallimard, «La pléiade», 1992, p.48.
 
1639 : [À propos de la marquise de Sablé] «Tout ce que vous dittes sur les femmes autrices est admirable»
Chapelain, «Lettre à M. de Balzac, 9 oct. 1639», in Ph. Tamizey de Larroque (éd.), Lettres, Paris, Impr. nat., 1880-1883, tome I.
1651 : «Pour parvenir à la conqueste de cette insigne Toison d’or, les poëtes ont feint que la déesse Pallas avoit esté l’autrice de la grande nef Argo, dans laquelle Jason et ses illustres conquerans s’embarquerent pour le voyage de Colchose […]»
Apothéose de Madame la duchesse de Longueville, princesse du sang, sn, sl, p.4.
 
1662 : [à propos de Mlle Desjardins pour son Carrousel du Dauphin]
«Au Carrousel de notre Roi,
La jeune Autrice de Torquate,
Pièce charmante et délicate,
A fait en style net et fin,
Un Carrousel pour le Dauphin.»
Loret, La Muse historique, 27 mai 1662.
 
1682 : «Un Homme est un Autheur, une Femme est autrice. Appelez-donc Madame Autrice, et non Autheur»
De la Thuillerie, Crispin bel esprit, Paris, J. Ribou, 1682, sc.10.
 
1689 : «Il faut dire cette femme est Poëte, est Philosophe, est Médecin, est Auteur, est Peintre ; et non Poëtesse, philosophesse, Médecine, Autrice, Peintresse, etc.»
Nicolas de Boisregard, Reflexions sur l'usage présent de la langue française, 1689, p. 228.
 
1750 : «Quoique le terme de spectarice ne soit pas nouveau, l'usage qui s'est déclaré contre celui d'authrice sembla par là avoir proscrit le premier dans un sens à peu près semblable ; mais il fallait exprimer le sexe vrai ou prétendu de l'Auteur, le but qu'il se propose On aurait pu lui donner simplement le titre de Spectateur femelle, en traduisant littéralement celui de l'original ; mais cette expression paraissait basse, peu correcte et on n'osait pas s'en servir.»
La Spectatrice, «Avertissement sur le titre», La Haye 1750.
 
1752 : «Autrice. s. f. Mot que l'usage n'admet pas, pour signifier celle qui a composé un ouvrage d'esprit. J'avais déjà lu plus d'une fois, Madamoiselle, la lettre sur les bons mots, insérée dans le Mercure du mois d'avril dernier, lorsque Madame la Marquise de la S.** me dit que vous en êtes l'autrice. Mercure, juin 1726. Il falloit dire l'auteur, suivant le bon usage et la décision de l'Académie Françoise.»
Dictionnaire universel français et latin, vulgairement appelé Dictionnaire de Trévoux, Paris, Compagnie des Libraires associés,1752.
 
1777 : [à propos des Proverbes dramatiques de Madame Delaisse, publiés «chez la veuve Duchesne, Libraresse, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût; et chez l'Auteur, au Luxembourg»]
«Permettez-moi de vous dire, Madame la Comtesse, que j'aurais voulu que Madame Delaisse eût mis chez l'Autrice, comme j'ai mis Libraresse. Ces qualifications ne sont pas approuvées, il est vrai, par l'Académie Française, mais elles n'en sont pas moins bonnes et significatives; d'ailleurs l'usage les autorise: car nous disons tous les jours à Paris, une Notaresse, une Commissaresse, une Libraresse, etc. Revenons au mot forgé d'Autrice; il n'est point nouveau, plusieurs fois on l'a dit et même écrit: ce mot d'Autrice est consigné dans les fastes [sic] de l'Histoire du Théâtre Français, tome XIII, p. 58. Je transcris l'article, "le Voleur ou Titapapouf, petite Comédie de Mademoiselle de Longchamps, non imprimée, représentée pour la première fois le mardi 4 novembre 1687". MM. Parfait rapportent ensuite l'extrait du Registre de l'année, conçu en ces termes:"Mardi 4 novembre, Britannicus et la première représentation du Voleur ou Titapapouf, par Mademoiselle Longhamps, Souffleuse, part d'Autrice 9 liv." "Vendredi 7 novembre, Bérénice et la seconde représentation de Titapapouf part d'Autrice 9 liv. Samedi 8 novembre, Mitridate, et la troisième et dernière représentation de Titapapouf part d'Autrice 9 liv." Me voilà, ce me semble, assez autorisé à me servir du nom d'Autrice, pour signifier une femme de Lettres.»
De Coudray, «Annonces et Extraits des Ouvrages dramatiques, ou relatifs à cet Art», Correspondances dramatiques, Tome I, Lettre XIV [en réalité: Lettre XVI], 1er juin 1777, p.257-258.
 
1784 : «Ah ! ciel ! une femme AUTRICE! Mais c'est le comble du délire! [...] Une femme AUTRICE sort des bornes de la modestie prescrite à son sexe. [...] Toute femme qui se produit en public, par sa plume, est prête à s'y produire comme actrice, j'oserais dire comme courtisane: si j'en étais cru, dès qu'une femme se serait fait imprimer, elle serait aussitôt mise dans la classe des comédiennes et flétrie comme elles: ainsi, je ne permettrais d'écrire qu'aux femmes entretenues et aux actrices. J'accorderais aux AUTRICES le privilège flétrissant des filles de théâtre, qui les soustrait au pouvoir paternel: car c'est là surtout ce qui établit la bassesse des comédiennes, les tire du rang des citoyennes, et les place dans la classe des prostituées».
N. Restif de la Bretonne, La Paysanne pervertie, Slatkine reprints, 1988 [1784], p.143.
 
1785 : «Calliope, la Première des fammes-auteurs, autrices ou auteuses, n'avait fait qu'un ouvrage, mais d'un grand mérite, quoique ce fût un Roman»
N. Restif de la Bretonne, Les Contemporaines graduées, XXXIX, 32,1785.
 
1801 : «Quand on est Autrice, il faut être une Autrice distinguée: alors c'est bien. Mais il faut révéler: Quod latet arcana inenaurabile fibra. Les auteurs encensent, adulent les Autrices, mais ils ne les aiment pas.»
Louis Sébastien Mercier, Néologie ou vocabulaire de mots nouveaux à renouveler ou pris dans des acceptations nouvelles, Paris, Moussard/ Maradan,1801.
 
1847 : «Il vous plaît que Mme Farrenc, par exemple, dont le nom brille d'un vif éclat parmi ceux des femmes vivantes que cite notre collaborateur, soit "excellente auteur" dans un genre qui paraissait inaccessible à son sexe: la grande symphonie, et que "cette savante compositeur" regrette de n'avoir pu écrire pour la scène. [...] Les noms d'auteur et de compositeur appliqués aux femmes avec une terminaison masculine sont pour elles une véritable injure et semblent précisément indiquer cette interdiction qui a si fort choqué M. Bourges».
Adrien de La Fage, «Supplément aux deux articles des femmes compositeurs», Revue et Gazette musicale de Paris, 14, 3 oct.1847, p.323-325.

1864 :
«Mais en Angleterre, les authoress sont, la plupart du temps, des jeunes filles emportées vers la carrière littéraire par la passion des lettres, ou même simplement élevées pour être médecines ou avocates»
J. Claretie, La Libre parole, 1864.
1899 : «Un journal discourait naguère sur authoresse, et, le proscrivant avec raison, le voulait exprimer par auteur. Pourquoi cette réserve, cette peur d'user des forces linguistiques? Nous avons fait actrice, cantatrice, bienfaitrice, et nous reculons devant autrice, et nous allons chercher le même mot latin grossièrement anglicisé et orné, comme d'un anneau dans le nez, d'un grotesque th.»
Rémi de Gourmont, Esthétique de la langue française, 1899, p.88.
 
1996 : [à la définition d'«auteur»] «Rem. Il existe un féminin, autrice».
Alain Rey et Josette Rey-Debove (dir), Le Petit Robert, éd. 1996.
 
1999 : «Toutes les "autrices" sont minorées. Pourquoi étudie-t-on moins George Sand que Flaubert ou Stendhal? Quel livre d'histoire accorde une place à Olympe de Gouges, qui a écrit la "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne"?»
«Ségolène Royal et la "parité intellectuelle"», Elle, 11 octobre 2006.
 
2003 : [à la définition d'«auteur»] «Rem. La forme féminine est autrice (lat. auctrix): on la rencontre parfois aux sens 2 [auteur de (un livre, une oeuvre d'art)], 3 [personne qui a fait un ou pluieurs ouvrages littéraires] et 4 [Par ext. personne qui écrit des textes de chansons]».
[une entrée «autrice» renvoie à l'entrée «auteur».]
Alain Rey et Josette Rey-Debove (dir), Le Petit Robert, éd. 2003.
2006 : «Louise Labé [...] s'inscrit donc dans ce qui deviendra une grande tradition française, celle de ces autrices supposées, objet de prédilection des écrivains mâles [...]» [à propos de cette polémique, consulter notre rubrique «Louise Labé attaquée!»]
Mireille Huchon, Louise Labé, une créature de papier, Genève, Droz, p.274.

 Avocate, advocate

vers 1500 : Jean Marot, La Vray-disant advocate des dames.
Clément Marot, Oeuvres, éd. Lenglet du Fresnoy, La Haye, Gosse-Neaulme, 1731, t.V, p.278-313.
 
1504 :` «Et ayez en lui ferme foi et espérance, en lui recommandant votre âme et vos affaires ; et aussi à la douce Vierge Marie, en lui priant que, de sa grâce, veuille être votre avocate vers son cher fils, et le prier que, en ce monde, vous [puissiez] vivre sans reproche, mais en toute pureté et netteté puissiez garder votre honneur.»
Anne de France, Enseignements à sa fille, éd. T. Clavier et É. Viennot, Saint-Étienne, PUSE, 2006, ch. 17.
 
1537 : « avecques la tresglorieuse vierge Marie mere de nostre seigneur Jesuchrist advocate pour nous pecheurs »
Texte du privilège de Guillaume Alabat, Le premier volume du triumphant mystere des Actes des Apostres..., Paris.
 
1634 : «A quoy, Monsieur, je vous respondray, qu'en mon particulier, j'ay jusques icy suivi l'usage, et que je dis bien qu'une femme a esté conseillere d'une telle action, mais non pas jugesse d'un tel proces ; qu'elle a esté mon advocate, mais non pas qu'elle a esté mon orateur. Je dis bien qu'un tel soldat est de la Compagne Colonelle, mais non pas qu'un tel est de la Mestresse-de-Camp. Je dis la galere capitainesse, mais je n'appelle pas capitainesse une femme, quoy qu'elle soit femme d'un Capitaine.»
Guez de Balzac, «Lettre de Balzac à Girard, 7 mai 1634», Oeuvres, Genève, Slatkine Reprints, 1971 [1665], t. I, p.257.
 
1640 : [cité dans les noms d'offices et métiers] « Advocate»
Antoine Oudin, «De quelques substantifs féminins tirés des masculins», Grammaire française rapportée au langage du temps, Paris, 1640, p.78.
 
1864 : «Mais en Angleterre, les authoress sont, la plupart du temps, des jeunes filles emportées vers la carrière littéraire par la passion des lettres, ou même simplement élevées pour être médecines ou avocates»
J. Claretie, La Libre parole, 1864.

Barbière

1640 : «Sont féminins les noms d'office et de condition appartenantes aux femmes: Reyne, Comtesse, Duchesse, Abbesse, Nonne, Conseillère, Barbière»
Antoine Oudin, «Du genre des noms substantifs», Grammaire française rapportée au langage du temps, Paris, 1640, p.64.

Broderesse

vers 1540 : «Renée Serpe et Jehanne Chaudière, broderesses de Paris, envoient à la reine deux pièces de broderies, dont l'une représentoit les Enfants dans la fournaise, l'autre le Jugement de Daniel»
Registre de Jehan de Frotté, cité in H. de La Ferrière-Percy, Marguerite d'Angoulême, son livre de dépenses (1540-1549), étude sur ses dernières années,Paris, Auguste Aubry, 1862, p.61.

1978 : «En ville, les femmes exercent quantitié de métiers : un recensement fait au début du XIVe siècle en dénombre 125 ! Broderesses, chasublières, ferronnes, maçonnes, charretières, hongresses, lavandières de tête»
Jean Rabaut, Histoire des féminismes français, Paris, Stock, 1978, p.18.

 

Cafetière

1710-1711 : «Après cela, il nous conta qu'étant entré dans un café en arrivant à La Haye, après s'y être suffisamment rafraîchi, il voulut payer l'hôtesse et que cette cafetière, qui est une grande et grosse Hollandaise, au lieu de prendre son argent, lui avait serré la main en fermant en même temps la sienne»
Mme Du Noyer, Mémoires, 1710-1711, t.5, p.87.
 
1782 : «On courtise les cafetières»
Mercier, Tableau de Paris, LXXI, 1782.
 
1844-50 : «Les coiffures chinoises de la belle cafetière, au luxe de laquelle contribuaient les gros bonnets de Soulanges»
Balzac, Les Paysans, 1844-50, p.312.

1975 : «Cafetier, ière, subst.: Tenancier, (ière) d'un café, d'un débit de boissons. Rem. Rare au féminin»
Trésor de la langue française, dictionnaire de la langue du XIXe et du XXe siècle (1789-1960), dir. Paul Imbs, 1975.

 Capitainesse

1634 : «A quoy, Monsieur, je vous respondray, qu'en mon particulier, j'ay jusques icy suivi l'usage, et que je dis bien qu'une femme a esté conseillere d'une telle action, mais non pas jugesse d'un tel proces; qu'elle a esté mon advocate, mais non pas qu'elle a esté mon orateur. Je dis bien qu'un tel soldat est de la Compagne Colonelle, mais non pas qu'un tel est de la Mestresse-de-Camp. Je dis la galere capitainesse, mais je n'appelle pas capitainesse une femme, quoy qu'elle soit femme d'un Capitaine.»
Guez de Balzac, «Lettre de Balzac à Girard, 7 mai 1634», Oeuvres, Genève, Slatkine Reprints, 1971 [1665], t. I, p.257.

Charpentière

1660 : Archives de l'Hôtel-Dieu de Lyon, F 54, registre d'entrées des malades civils, décembre 1660, entrée de Jacqueme Savilin, 26 ans, servante de charpentière.

Charretière
1978 : «En ville, les femmes exercent quantité de métiers : un recensement fait au début du XIVe siècle en dénombre 125 ! Broderesses, chasublières, ferronnes, maçonnes, charretières, hongresses, lavandières de tête»
Jean Rabaut, Histoire des féminismes français, Paris, Stock, 1978, p.18.

 
Chasublière

[qui confectionne des vêtements liturgiques]

1978 : «En ville, les femmes exercent quantité de métiers : un recensement fait au début du XIVe siècle en dénombre 125 ! Broderesses, chasublières, ferronnes, maçonnes, charretières, hongresses, lavandières de tête»
Jean Rabaut, Histoire des féminismes français, Paris, Stock, 1978, p.18.

Chercheuse

1741 : Antoine-René de Voyer d'Argenson, marquis de Paulmy (1722-1787), La Chercheuse d'esprit, opéra comique de M. Favart [et du Mis de Paulmy]

Chevalière

1704 : «SALIZ [Saliez], (Madame) née à Alby, étoit aggrégée à l’Académie des Ricovrati de Padoue. En 1704, elle érigea dans sa patrie une Académie des Vertus, sous le titre de Société des Chevaliers et des Chevalieres de bonne foi».

Notice du dictionnaire Riballier - Cosson, 1779 [Voir aussi la notice de Mme Saliez dans le dictionnaire Fortunée Briquet, 1804]

Clergesse

vers 1540-1542 : à propos de Méridienne, femme dangereusement savante car «clergesse» et savante «en l'art de necromance».
Pugnition de l'amour contemné (1540); Contes amoureux de Madame Jeanne Flore (vers 1542), éd. Reynolds-Cornell, p.100.
 
1619 : «J'ay tousjours bien dit qu'il estoit dangereux d'aymer une femme clergesse, et qui eust esté nourrie parmy ces druides des Carnutes...»
Honoré d'Urfé, Astrée, 3e partie, éd. H. Vaganay, Paris, Slatkine, 1966, t. III, p.260.

1880 : «CLERGESSE: femme lettrée, (ou) religieuse. C'est le féminin de "clerc".»
Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, F. Viewey, Paris, 1880, p.151.

Commissaresse

1777 : [à propos des Proverbes dramatiques de Madame Delaisse, publiés «chez la veuve Duchesne, Libraresse, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût; et chez l'Auteur, au Luxembourg»]
«Permettez-moi de vous dire, Madame la Comtesse, que j'aurais voulu que Madame Delaisse eût mis chez l'Autrice, comme j'ai mis Libraresse. Ces qualifications ne sont pas approuvées, il est vrai, par l'Académie Française, mais elles n'en sont pas moins bonnes et significatives; d'ailleurs l'usage les autorise: car nous disons tous les jours à Paris, une Notaresse, une Commissaresse, une Libraresse, etc.»
De Coudray, «Annonces et Extraits des Ouvrages dramatiques, ou relatifs à cet Art», Correspondances dramatiques, Tome I, Lettre XIV [en réalité, Lettre XVI], 1er juin 1777, p.257-258.

Conseillère

1640 : «Sont féminins les noms d'office et de condition appartenantes aux femmes: Reyne, Comtesse, Duchesse, Abbesse, Nonne, Conseillère, Barbière»
Antoine Oudin, «Du genre des noms substantifs», Grammaire française rapportée au langage du temps, Paris, 1640, p.64.

Danseresse
1579 : «à l’appétit d’une danseresse, il [le prophète Jean-Baptiste] envoye le bourreau et le tue.»
Lambert Daneau, Traité des danses auquel est amplement résolue la question, a savoir s’il est permis aux Chrestiens de danser, s.l., François Estienne, p.19
 
Défenderesse, Défenseure, Défenseuse

1594 : terme juridique. En 1594, Agaisse Lebeau est deffenderesse dans un procès devant la Prévôté de Nantes.
Archives départementales de Loire-Atlantique à Nantes, 1594, registre de la Prévôté B6113.
2006 : «Plusieurs articles dans la presse à l'occasion de la fin du mandat de Claire Brisset, "défenseure" des enfants, qui a depuis six ans installé cette fonction dans notre paysage et fait entendre une voix bien nécessaire. Cela dit, c'est aussi l'occasion d'affirmer bien haut: "Oui à la féminisation des noms de métiers et de fonctions, non aux barbarismes!" Le féminin naturel de défenseur est... défenseuse (comme en ski on dit une descendeuse/un descendeur), point n'est besoin d'inventer autre chose. Le (ou la) féministe qui est aussi défenseur (ou seuse) d'une langue française qui évolue sans se dénaturer applaudit l'écrivaine, mais hurle d'ffroi devant la procureure, la professeure, la défenseure... La procureuse existe depuis des siècles (n'est-ce pas Porthos?), et si c'était à l'origine la femme du procureur, c'était également le cas pour la générale, la préfète, voire la pharmacienne. Notre langue est pleine de ressources, utilisons-les pour traduire l'évolution de la société, sans lui faire subir d'outrages inutiles».
Philippe Renard, «Ca va mieux en le disant», Télérama, n°2939, 10 mai.

Dépositairesse

1675-1676 : «S'il faut dire, en parlant d'une femme, poëte ou poëtesse; philosophe ou philosophesse; propriétaire, ou propriétairesse; dépositaire, ou dépositairesse: [...] Il faut dire au féminin, propriétaire et dépositaire, et non pas propriétairesse et dépositairesse
Gilles Ménage, Observations sur la langue française (1675-1676), Slatkine reprints, genève, 1972, t.II, chap. LXXXXVI, p.419-420.

Déviderresse

1660 : Archives de l'Hôtel-Dieu de Lyon, F 54, registre d'entrées des malades civils, décembre 1660, entrée de Marie Ravinat, 25 ans, servante de déviderresse.

Devineuse

17e siècle : «Perdait-on un chiffon, avait-on un amant,
    Un mari vivant trop au gré de son épouse,
    Une mère fâcheuse, une femme jalouse,
    Chez la devineuse on courait
    Pour se faire annoncer ce que l'on désirait
La Fontaine, Fables, «La Devineresse».

Dompteresse

1574 :
«La domteresse et royne des provinces,
De deux mers ceincte et d'un mont divisée,
D'armes feconde et de Dieux et de Princes,
Se congnoissant sur toutes plus prisée
D'estre de vous mere et favorisée,
Vous vient, Madame, offrir tout son pouvoir
En quoy du ciel ell'est auctorisée,
Qui rien plus grand que vous ne scauroit voir.»
Mellin de Saint-Gelais, Opuscules, «Au premier service, où les vestuz à l'italienne estoient au premier reng Italie», in Oeuvres poétiques françaises I, Paris, S.T.F.M., 1993, p. 32.
1618 : «Catherine m'amour il faut que je confesse/ Que de ces Orateurs tu es la dompteresse»
Jean Boissin de Gallardon, Les Tragedies et histoires sainctes de Jean Boisson de Gallardon, Lyon, Simon Rigaud, 1618.

 Doyenne

1724 : Précis du procez d'entre les dames abbesse, doyenne, chanoinesses et chapitre de l'insigne église collégiale et séculière de Saint-Pierre de Remiremont... ; contre les maire habitans et communautez de de Crévy, Sommervillé et Flainval, comme prenans le fait et cause en défense de leurs cohabitans..., monsieur Fériet, conseiller d'Etat et en la Cour, la dame marquise de Bassompierre, et le sieur Malclerc..., en qualité de seigneurs voüez esdits lieux...
S. l., J.-B. Cusson.
 
1725 : Supplique des doyens, échevins, promoteurs, et curés des doyennés de Remiremont, Jorcey, Poursas, Châtenoy, Saint-Oint, Vitel et Epinal... ; contre les dames abbesse, doyenne, chanoinesses et chapitre de l'insigne église collégiale séculière de Saint-Pierre de Remiremont...
Nancy, P. Antoine.

Écrivaine, Escrivaine

1639 : «Tout affectation m'est insupportable et en une femme il me semble qu'il n'y a rien de si dégoustant que de s'ériger en escrivaine et entretenir pour cela seulement commerce avec les beaux esprits.»
Chapelain, «Lettre à M. de Balzac, 9 oct. 1639», in Ph. Tamizey de Larroque (éd.), Lettres, Paris, Impr. nat.,1880-1883, t. I.
 
2006 : «Écrivaines et fières de l'être!: Quarante ans, et déjà si vieux ronchon ! Frédéric Beigbeder intitule sa chronique dans le magazine Lire "Mon premier article réac". Il s'y déchaîne contre le mot écrivaine. Ce n'est même pas réac, c'est ringard! On se croirait revenu au 20e siècle, au temps où ministre, polytechnicien, académicien ou directeur n'avaient pas de féminin; pire, au 19e siècle, au temps où les parents de Camille Claudel interdisaient à leur fille de faire un métier qui n'existait qu'au masculin: sculpteur. "Je ne supporte pas les 'écrivaines', déclare Beigbeder, c'est physique. J'attrape une éruption cutanée dès que je lis ce terme immonde". Immonde! Comment un mot peut-il devenir dégoûtant, infect, répugnant quand il est mis au féminin? Comment l'ajout d'un simple e peut -il rendre ignoble le si noble écrivain? Réveillez-vous, cher confrère! Nous sommes au 21e siècle: le mot écrivaine est admis et utilisé. Vous déplorez que le milieu culturel l'ait assimilé et que la polémique se soit éteinte: "Des journalistes sérieux, des critiques respectés, écrivez-vous, tombent dans ce panneau pseudo-féministe importé du Québec". C'est en effet du Québec, de Suisse et de Belgique que provient le bon sens francophone: écrivaine est aussi correctement formé que souveraine ou châtelaine. Il ne s'agit nullement de "pseudo-féminisme", mais d'authentique langue française, celle que partagent tous les francophones, celle que font vivre les écrivaines comme les écrivains, et qui évolue avec les réalités du monde moderne. Pourquoi ne suis-je pas un écrivain? Parce que je suis une femme de mon temps. Un temps où toutes les professions sont ouvertes aux deux sexes. Un temps où on appelle un chat un chat, une chatte une chatte, et une femme comme moi une écrivaine.»
Texte publié par Le Monde du 16 février 2006 et dans Lire, février 2005, p.10. Signé par plusieurs écrivaines dont Florence Montreynaud, Benoîte Groult, Annie Ernaux, Maryse Wolinski, Christiane Collange, Xavière Gauthier, Geneviève Brisac, Juliette Mincès, Olympia Alberti , Maud Tabachnik (écrivaines françaises); Thérèse Moreau, Maryse Renard, Janine Massard, Silvia Ricci Lempen (écrivaines suisses); Élaine Audet, Louise Cotnoir, Gloria Escomel, Lise Harou, Hélène Pedneault, Claire Varin, France Théoret; Claudine Bertrand, Louise Blouin, Linda Laporte et France Boucher, de la revue ARCADE (écrivaines québécoises).

Emperière

1578 : «La loy civile a donné pareil privilege aux Emperieres qu'avoient les Empereurs: combien que l'Empire ne cheust en quenouille non plus que le royaume de France; et leur ont esté decernez tres-grands honneurs qu'il n'est besoin raconter»
Jean Du Tillet, Les Memoires et recherches de Jean Du Tillet, greffier de la cour de Parlement à Paris, Contenans plusieurs choses memorables pour l'intelligence de l'estat des affaires de France, Rouen, Philippe de Tours, 1578, p.136.

Empeseuse

Fin XVIIIe s. : «MASSE Amable Elisabeth. Empeseuse de dentelles de Monsieur. Epouse du sieur LEBAS, fils. Baptisée le 17 avril 1754 à Versailles Notre Dame, fille de Pierre MASSE, officier du comte de LA VAUGUYON, et de Elisabeth LANDRE. Pension accordée en considération de ses services pour lui tenir lieu de partie du traitement dont elle jouissait avant le mariage de Monsieur. (en septembre 1779 elle vivait rue du hazard, à Versailles Saint Louis).
Maison du Roi, Pensions sur le trésor, Carton O / 1 / 680 (http://www.cgvy.org/art680.html).

Faiseuse

1679 : Archives de l'Hôtel-Dieu de Lyon, F 78, registre d'entrées des malades civils, avril 1679, entrée de Justine Menage, 41 ans, faiseuse de gants.

1669 : Archives de l'Hôtel-Dieu de Lyon, F 91, registre d'entrées des malades civils, mars 1699, entrée d'Aymée Tibart, 24 ans, faiseuse de bas.
Archives de l'Hôtel-Dieu de Lyon, F 91, registre d'entrées des malades civils, octobre 1699, entrée d'Anne Cintury, 24 ans, faiseuse de boutons.
Archives de l'Hôtel-Dieu de Lyon, F 91, registre d'entrées des malades civils, juin 1699, entrée de Catherine Juge, 33 ans, faiseuse de cierges.
Archives de l'Hôtel-Dieu de Lyon, F 91, registre d'entrées des malades civils, juin 1699, entrée de Claudine Gautier, 64 ans, faiseuse de crochets.

Farceuse

1640 : [à propos des quêteuses à l’église] «ayans leurs cheveux tellement historiez et leur sein si amplement descouvert, qu’on les prendroit pour de vrayes Comédiennes, des Farceuses, et des Mascarades.»
Pierre Juvernay, Discours particulier contre les filles et femmes mondaines descouvrans leur sein et portans des moustaches, Paris, Jérémie Bouilleron.

Femme d'État

Fin XVIe siècle : «Madame de Montpensier, soeur de feu Monsieur de Guise, qui a esté une grande femme d'Estat, et qui a porté sa bonne part de matiere, d'inventions de son gentil esprit, et du travail de son corps, à bastir ladicte Ligue»
Brantôme, Recueil des Dames, poésies et tombeaux, éd. Étienne Vaucheret, Paris, Gallimard, «La pléiade», 1992, p.703.

1615 : «Pardonnez-moi si je vous dis que c'est trop faire la femme d'État que d'être si secrète»
Louise de Coligny à sa belle-fille Charlotte-Brabantine de Nassau, 23/09/1615, in Paul Marchegay (éd.), Correspondance de Louise de Coligny, princesse d'Orange (1555-1620), éd. Paul Marchegay, Genève, Slatkine reprints, 1970 [1887], p.295.

Ferronne

1978 : «En ville, les femmes exercent quantitié de métiers : un recensement fait au début du XIVe siècle en dénombre 125 ! Broderesses, chasublières, ferronnes, maçonnes, charretières, hongresses, lavandières de tête»
Jean Rabaut, Histoire des féminismes français, Paris, Stock, 1978, p.18.

Financière

1640 : [cités dans les noms d'offices et métiers] «Conseillère, Financière, Barbière, Menuisière»
Antoine Oudin, «De quelques substantifs féminins tirés des masculins», Grammaire française rapportée au langage du temps, Paris, 1640, p.78.

 Générale, Généralle

1673 : «Il serait aisé de conclure que si les femmes sont capables de posséder souverainement toute l'authorité publique, elles le sont encore plus de n'en estre que les Ministres: comme d'estre Vice-Reines, Gouvernantes, Secrétaires, Conseillères d'Etat, Intendantes des Finances. Elles peuvent être Généralles d'Armée.»
François Poulain de la Barre, De l'égalité des deux sexes, 1673.
 
2006 : «[...] Le (ou la) féministe qui est aussi défenseur (ou seuse) d'une langue française qui évolue sans se dénaturer applaudit l'écrivaine, mais hurle d'effroi devant la procureure, la professeure, la défenseure... La procureuse existe depuis des siècles (n'est-ce pas Porthos?), et si c'était à l'origine la femme du procureur, c'était également le cas pour la générale, la préfète, voire la pharmacienne. Notre langue est pleine de ressources, utilisons-les pour traduire l'évolution de la société, sans lui faire subir d'outrages inutiles».
Philippe Renard, «Ca va mieux en le disant», Télérama, n°2939, 10 mai 2006.

 Gentilfemme

1504 : «Par quoi donc, ma fille, si vous avez courage de gentilfemme, et que désiriez avoir bon et honorable bruit, si vous montrez en toutes choses vertueuse et prudente, et vous gardez bien d'être surprise en ce, quelque rudesse qu'on vous puisse faire.»
Anne de France, Enseignements à sa fille, éd. T. Clavier et É. Viennot, Saint-Étienne, PUSE, 2006, ch. 17.

1504 : «En après, ma fille, pour acquérir haut et honorable bruit* tel que gentilsfemmes doivent avoir, et afin que personne n'ait jamais cause de vous haïr, gardez-vous principalement de ce maudit péché d'envie...»
Anne de France, Enseignements à sa fille, éd. T. Clavier et É. Viennot, Saint-Étienne, PUSE, 2006, ch. 22.

 Gladiatrice

1628 : «Je voy avec horreur dans l'Histoire ces furieuses gladiatrices, que les Romains voyaient avec plaisir dans l'amphithéâtre, et ne mets pas les Amazones au nombre des femmes, je les mets au nombre des monstres, et des prodiges»
Guez de Balzac, «Lettre à Mme Desloges, 20 sept. 1628», Oeuvres, Genève, Slatkine Reprints, 1971 [1665], t.I, p.257.

 Graveuse

1784 : «III. La Graveuse, ou la Fille-heureuse par une faiblesse.»
Rétif de la Bretonne, Les Contemporaines graduées: ou Avantures des Jolies-Fammes de l'âge actuel, Leïpsick, Büschel, 1784, p.199.

 Huissière

1574-75 : «Un plaisant epitaphe de la belle Huissiere, qui mourust à Paris l’onziesme jour de ce mois de juing, fust divulgué en ce mesme temps, et me fut baillé au Palais, où il couroit ce lundi 23è juing, veuille de la S. Jean. Epitafe de la belle huissiere, 1575 : Ce fut le plus grand jour d’esté/ Que trespassa la belle Huissiere, / Avant que malade eust esté,/ Dont le mari ne pleura guere.»
Pierre de L’Estoile, Registre-journal du règne de Henri III, t. I, éd. M. Lazard et G. Schrenk, Paris, Droz, 1992, p.173.

 Hommesse

1540 : vassale. Le terme est souvent associé à celui de subjecte. Damoiselle Jehanne de Rohan est « hommesse et subjecte de haulte et puissante damme ma damme Suzanne de Bourbon damme de Rieux ».
Archives départementales de Loire-Atlantique à Nantes, 1540 titres de famille Butaut, 2E419.

1573 : L'expression « homme-lige » est également féminisée en hommesse-lige. Marguerite Rouxel doit « obeir et obayra audit seigneur comme hommesse lige et ramaigeure ».
Archives départementales du Morbihan à Vannes, 1573 fond Guéménée, E5496.

 Imprimeuse

1652 : «Imprimeuse. C'est ainsi que se nomme la veuve de Matthieu II Guillemot à l'adresse titre de C. Joly, Divers Opuscules [...] de Monsieur Antoine Loisel..., Paris, 1652.» [«Paris, de l’imprimerie de la veufve I. Guillemot, imprimeuse ordinaire de Son Altesse Royale, rue des Marmouzets, proche l’Eglise de la Magdeleine, et I. Guignard…, 1652»].
Michel Simonin, «Trois femmes en librairie: Françoise de Louvain, Marie Langelier, Françoise Patelé (1571-1645)», in D. de Courcelles et C. Val Julian (dir.), Des Femmes et des livres, France et Espagnes, XIVe-XVIIe siècle, Paris, Ecole des Chartres, 1999.

1784 : «Vos remarques gramaticales n'apprennent autre chose, sinon que vous ignorez le langaje du peuple [...] flatrice n'est pas sérieusement dans mes Ouvrages; j'avoue Prejugiste; Peintresse, Amateuse, Imprimeuse pouvaient se dire dans mes Nouvelles; où il s'agit des Fammes de ces états: la première loi est d'être clair, et ces noms l'étaient parfaitement dans la circonstance: mais il y a plus; ces mots sont d'usage parmi les Heroïnes que j'historie, et dès lors j'ai pu, j'ai dû les employer.»
Restif de la Bretonne, «Réponse au journaliste de **», La Prévention particulière, 1784.

 Inventrice, Inventeresse

vers 1530 : «Les femmes ont esté les inventeresses de tous les sept ars liberaulx»
Henri Corneille Agrippa de Nettesheim, De la noblesse et preexcellence du sexe foeminin, Paris, Denys Janos, s.d. [vers 1530], p.Eviii, r.
 
1553 : «les femmes sont inventrices des sciences humaines»
Charles Estienne, Paradoxes..., Paris, 1553, ch. 24.
 
1555 : «Est-il besoin réciter les autres passe-temps qu'à inventés Folie pour garder les hommes de languir en oisiveté ? N'a-t-elle fait les somptueux palais, théâtres et amphithéâtres de magnificence incroyable [...]? N'a-t-elle été inventrice des gladiateurs, lutteurs et athlètes?»
Louise Labé, Débat de Folie et d'Amour (1555), Discours V, plaidoirie de Mercure.
 
fin XVIe s. : (à propos des fêtes de Bayonne) «Et notez que toutes ces inventions ne venoient d'autre boutique ny d'autre esprit que de la royne mère, car elle y estoit maîtresse et fort inventrice en toutes choses.»
Brantôme, «Discours sur Catherine de Médicis», in Étienne Vaucheret (éd.), Recueil des Dames, poésies et tombeaux, Paris, Gallimard, «La Pléiade», 1992.
 
1668 : «Parlant d'une femme qui aura inventé quelque chose, on dira, elle est l'inventeuse de cela, pour dire elle est l'inventrice de cela.»
Marguerite Buffet, Nouvelles observations sur la langue français, Paris, Impr. Jean Cusson, 1668, p.42.
«Les femmes sont les inventrices, les auteurs des arts et des vertus»
Marguerite Buffet, Nouvelles observations sur la langue français, Paris,1726, p.42.
1771 : «On a vu des femmes très savantes comme il en fut de guerrières; mais il n’y en a jamais eu d’inventrices
Voltaire, Dictionnaire philosophique, article «Femme».

 Jugesse

1634 : «A quoy, Monsieur, je vous respondray, qu'en mon particulier, j'ay jusques icy suivi l'usage, et que je dis bien qu'une femme a esté conseillere d'une telle action, mais non pas jugesse d'un tel proces ; qu'elle a esté mon advocate, mais non pas qu'elle a esté mon orateur. Je dis bien qu'un tel soldat est de la Compagne Colonelle, mais non pas qu'un tel est de la Mestresse-de-Camp. Je dis la galere capitainesse, mais je n'appelle pas capitainesse une femme, quoy qu'elle soit femme d'un Capitaine.»
Guez de Balzac, «Lettre de Balzac à Girard, 7 mai 1634», Oeuvres, Genève, Slatkine Reprints, 1971 [1665], t.I, p.257.

 Juveigneure

XVIe s. : terme juridique qui désigne certaines femmes nobles («juveigneur» est synonyme de cadet en Bretagne). Les juveigneures ont des droits de succession spécifiques: l'héritière principale noble – comme l'héritier principal noble – doit leur remettre une part de la succession supérieure à celle des juveigneurs. Les filles cadettes sont avantagées par rapport aux garçons cadets.

Archives départementales de Loire-Atlantique à Nantes, 1507 titres de famille Beaubois, E643 ; 1515 et 1595 titres de famille Espinay, E826 ; 1562 titres de famille Cornulier, 2E665.

 
 Législatrice

1772 : «Législatrices de la langue, elles [les femmes du XVIIe siècle] la tiraient du triste état où elle languissait depuis tant de siècles».
M. Ferlet, «Le Bien et le mal que le commerce des femmes a fait à la littérature», Prix des Belles-Lettres de la société royale des sciences et belles-lettres de Nancy, Nancy, Claude Leseure, 1772, p.35.

 Libraresse

1777 : [à propos des Proverbes dramatiques de Madame Delaisse, publiés «chez la veuve Duchesne, Libraresse, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût; et chez l'Auteur, au Luxembourg»]
«Permettez-moi de vous dire, Madame la Comtesse, que j'aurais voulu que Madame Delaisse eût mis chez l'Autrice, comme j'ai mis Libraresse. Ces qualifications ne sont pas approuvées, il est vrai, par l'Académie Française, mais elles n'en sont pas moins bonnes et significatives; d'ailleurs l'usage les autorise: car nous disons tous les jours à Paris, une Notaresse, une Commissaresse, une Libraresse, etc.»
De Coudray, «Annonces et Extraits des Ouvrages dramatiques, ou relatifs à cet Art», Correspondances dramatiques, Tome I, Lettre XIV [en réalité, Lettre XVI], 1er juin 1777, pp. 257-258.

 Lieutenante

1593: Le 7 février, Christophe Aubry, curé de Saint-André-des-Arts, dénonce Marie Tudert, «la lieutenante civile» (femme de Jean Séguier d'Autry, lieutenant civil de la prévôté de Paris) comme «politique», mauvaise chrétienne et partisane de Henri de Navarre.
L'Estoile, Journal pour le règne de Henri IV.

Maçonne
1978 : «En ville, les femmes exercent quantitié de métiers : un recensement fait au début du XIVe siècle en dénombre 125 ! Broderesses, chasublières, ferronnes, maçonnes, charretières, hongresses, lavandières de tête»
Jean Rabaut, Histoire des féminismes français, Paris, Stock, 1978, p.18.

 
Maîtresse

1475 : «Que les femmes ouvrant et qui besognent dudit métier de présent en ladite ville de Paris seront maîtresses audit métier si être le veulent, en payant pour leur nouvelle maîtrise et entrée 12 sols parisis, comme dit est ci-dessus des hommes [...]. Les apprentisses pourront être reçues maîtresses en faisant chef d'oeuvre et en payant telle somme à appliquer en la manière comme est dit ci-dessus. [...] en effet et substance, tous les points et articles ci-dessus contenus seront communs et s'étendront et appliqueront tant aux femmes que aux hommes, soit qu'il touche la maîtrise ou les ouvrages ou autre chose dudit métier.»
Statuts des tissutiers de Paris, cités par Henri Hauser, Ouvriers du temps passé (XVe et XVIe siècles), Paris, Félix Alcan, 1900, p.154 [le cas est exceptionnel; l'égalité des traitements est attaquée depuis le milieu du siècle précédent].

 Maltotière

1691 : «Femmes de robe, maltotières, femmes de qualité, bourgeoises: on ne sait de quel côté tourner.», Mme Ulrich, La Folle enchère, Paris, veuve de Louis Gontier, scène XVIII.

 Matrimoine

1459 : biens immeubles issus de la lignée maternelle. Guillaume de Rosnyviven et Perrine de Meulenc se font donation mutuelle de leurs biens meubles, des acquisitions faits durant leur mariage et de «la tierce partie de leur patrimoyne et matremoyne».

Pierre-Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne..., 3 vol., Paris, C. Osmont, 1742-1746, rééd. 1974, col. 1743.

 Médecienne, Médecine, Miresse

Moyen Âge :
«Tout le monde fait esmerveillier
En Salerne, n'a Monspellier
N'a si bonne fisicienne
Tant soit bonne médecienne
Tous ceux sanes [guéris]
cui tu atouches»
Gauthier de Coinsi, «Miracles de Notre-Dame», in Mélanie Lipinska, Histoire des femmes médecins depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, Librairie G. Jacques et Cie, 1900, p.117.
 
Moyen Âge : «En France, ces femmes médecins portaient le nom de miresses ou de médeciennes»
Mélanie Lipinska, Histoire des femmes médecins depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, Librairie G. Jacques et Cie, 1900, p.117.
 
1587 : «Pour veoir, entendre et cognoistre l'estat et la maladie de nostre pauvre France, [...], vous vous estes transportée és lieux où elle estoit plus malade pour y pourvoir. Ce que vous continuez tousjours en nostre grand besoin, vous, Madame, qui estes de fait et de nom la vraye medecine de nostre France. »
Charlotte de Minut, épître dédicatoire à Catherine de Médicis, in Gabriel de Minut, De la Beauté. Discours divers..., Lyon, Barthelemi Honorat, 1587.
1689 : « Il faut dire cette femme est Poëte, est Philosophe, est Médecin, est Auteur, est Peintre ; et non Poëtesse, philosophesse, Médecine, Autrice, Peintresse, etc. »
Nicolas de Boisregard, Reflexions sur l'usage présent de la langue française, 1689, p.228.
 
1864 : «en Angleterre, les authoress sont, la plupart du temps, des jeunes filles emportées vers la carrière littéraire par la passion des lettres, ou même simplement élevées pour être médecines ou avocates».
J. Claretie, La Libre parole, 1864.

 Menuisière

1640 : [cités dans les noms d'offices et métiers] « Conseillère, Financière, Barbière, Menuisière »
Antoine Oudin, «De quelques substantifs féminins tirés des masculins», Grammaire française rapportée au langage du temps, Paris, 1640, p. 78.

 NOMS PROPRES

Certains hommes prennent le nom de leur femme.
- XVe siècle. Guillaume de l'Aire, de Tignac dans l'Ariège, «prit femme à Lordat, et à cause de la famille de sa femme dans laquelle il entra, on l'appela désormais Guillaume de Corneillan.»
Jean Verdon, Les Françaises pendant la guerre de Cent Ans, Paris, Perrin, 1991, p.106.
 
Certains noms de famille sont féminisés comme dans d'autres langues vivantes.
- XVe siècle. une certaine Jeanne Jourdain est nommée «Jourdaine» dans la lettre de rémission qui rapporte son cas.
Jean Verdon, Les Françaises pendant la guerre de Cent Ans, p.91.
- 1580-1582. Françoise de Montmorency (1566-après 1585), fille de Pierre de Thury, baron de Fosseux, et de Jacqueline d'Avaugour, maîtresse du roi de Navarre, est couramment appelée «Fosseuse» (cf. correspondance de Catherine de Médicis, correspondance et Mémoires de Marguerite de Valois...)
- 1588 : «les Foucaudes brûlées à Paris, pour la religion. Le mardi 28e juing [1588], par sentence du Prévost de Paris, confirmé par arrest de la Cour, furent pendues et puis bruslées, en la place de Greve à Paris, deux surs parisiennes, filles de feu maître Jacques Foucaud, quand il vivoit procureur au Parlement, comme Huguenotes et Heretiques des plus obstinées et opiniastres. Partant, furent baillonnées quand on les mena au supplice; lequel elles endurèrent fort constamment, sans se vouloir jamais desdire; tellement qu'une des deux fut bruslée toute vifve, par la fureur du peuple animé, qui coupa la corde avant qu'elle fut estranglée et la jetta dans le feu.»
P. de l'Estoile, Registre-Journal du règne de Henri III, éd. Schrenk-Lazard, vol.6, p.56.
 
Des femmes gardent leur nom de jeune fille
XVIe s. : «Dans la France du 16e siècle, les femmes gardent en général toute la vie leur nom de jeune fille, complété au besoin de la locution «femme» ou «veuve» d'un-tel. Mais certaines ont aussi un sobriquet» Natalie Davis, Les Cultures du peuple. Rituels, savoirs et résistances au XVIe siècle, Paris, Aubier, 1979, p.120.

 Notaire, Notaresse

1622 : «ce fut la Procureuse, qui dit: "Vraiment, la marchande qui vient de sortir a bien changé de poil depuis qu'elle a quitté sa boutique; la congnoissez vous bien particulièrement, Mesdames?" A cette demande personne ne voulut respondre, que la petite effetée de Notaire, qui dict que du temps qu'elles estoit fille on en parlait fort, et qu'elle alloit la nuict trouver un certain homme pour coucher avec luy. [...] Son mary estoit donc aux champs, quand elle faisoit ce train-là, respondit la Procureuse? Non, Madame, luy répliqua la Notaire, c'estoit lui mesme […]»
Le Passe-partout du Caquet ds caquets de la nouvelle accouchée (Caquets, 5e journée), p.25.
1777 : [à propos des Proverbes dramatiques de Madame Delaisse, publiés «chez la veuve Duchesne, Libraresse, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût; et chez l'Auteur, au Luxembourg»]
«Permettez-moi de vous dire, Madame la Comtesse, que j'aurais voulu que Madame Delaisse eût mis chez l'Autrice, comme j'ai mis Libraresse. Ces qualifications ne sont pas approuvées, il est vrai, par l'Académie Française, mais elles n'en sont pas moins bonnes et significatives; d'ailleurs l'usage les autorise: car nous disons tous les jours à Paris, une Notaresse, une Commissaresse, une Libraresse, etc.»
De Coudray, «Annonces et Extraits des Ouvrages dramatiques, ou relatifs à cet Art», Correspondances dramatiques, Tome I, Lettre XIV [en réalité, Lettre XVI], 1er juin 1777, p.257-258.

 Peintresse, Paintreresse

1292 : «Sainte, Peintresse»
Registre de la Taille (Paris?),1292.

1313 : «Thiephaine, paintresse»
Registre de la Taille (Paris?),1313.
1495-1496 : «Paintreresses» [à propos de Marie Coudrau et Dauphine, sa fille, travaillant aux galeries du Donjon du château d'Amboise]
L. de Grandmaison, Compte de la construction du château royal d'Amboise [1495-1496], Paris, 1912, p.41.
 
vers 1500 : «Thamar, la paintresse,
Qui fust souveraine maistresse
De vivifier ung ymage».
Jean Marot, La Vray disant avocate des Dames, v.1500.
1658 : «Dans une ovale enrichie de festons de Myrthe, je vis le bust de Quintus Massais suivi d'un grand nombre d'Illustres Peintresses
Hilaire Pader [peintre toulousain], Songe énigmatique sur la peinture universelle, 1658, p.26.
 
1659 : «Ce que les Hommes faisoient en cecy, estoit encore fait plus librement par les Femmes. Ce n'estoit pas là seulement la Ville des Peintres; Il y avoit quantité de Peintresses, dont quelques-unes n'estoient gueres Peintresses que pour elles.»
Charles Sorel, Description de l'isle de portraiture,1659, p.55-56.
 
1689 : «Il faut dire cette femme est Poëte, est Philosophe, est Médecin, est Auteur, est Peintre ; et non Poëtesse, philosophesse, Médecine, Autrice, Peintresse, etc.»
Nicolas de Boisregard, Reflexions sur l'usage présent de la langue française, 1689, p.228.
 
1763 : «Je crois que la peintresse ne vous a pas flattée; mais je vous vois déjà de la main d'un autre peintre, duquel je n'en oserais dire autant.»
J.-J. Rousseau, «Lettre à Mme Latour, 2 oct. 1763», citée in Littré, Dictionnaire de la langue française, Gallimard/Hachette, 1962 [1865], t.5, article «Peintre».
 
1773 : «[Peintresse en éventails] C'est celle qui, ayant appris le dessin, peint des paysages et des figures sur les papiers à évantail. [...] Les Peintresses en éventails sont reçues à l'Académie de S. Luc, sans quoi elles seroient à l'amende, et leurs ouvrages seroient saisis.»
Abbé Pierre Jaubert, Dictionnaire raisonné universel des arts et métiers, nouv. éd., t.3, Paris, Les Libraires associés,1793 [1ère éd. 1773], p. 426.
 
1784 : «I. La Peintresse, ou la Famme d'Impuissant»
Rétif de la Bretonne, Les Contemporaines graduées: ou Avantures des Jolies-Fammes de l'âge actuel, Leïpsick, Büschel, 1784, p.199.
 
1784 : «Vos remarques gramaticales n'apprennent autre chose, sinon que vous ignorez le langaje du peuple [...] flatrice n'est pas sérieusement dans mes Ouvrages; j'avoue Prejugiste; Peintresse, Amateuse, Imprimeuse pouvaient se dire dans mes Nouvelles; où il s'agit des Fammes de ces états: la première loi est d'être clair, et ces noms l'étaient parfaitement dans la circonstance: mais il y a plus; ces mots sont d'usage parmi les Heroïnes que j'historie, et dès lors j'ai pu, j'ai dû les employer.»
Restif de la Bretonne, «Réponse au journaliste de **», La Prévention particulière, 1784.

 Philosophesse, Philosophe

1634 : «Par exemple, je diray plustot que Mlle de Gournay est Poëte que Poëtesse, et Philosophe que Philosophesse. Mais je ne diray pas si-tost qu'elle est Rhetoricien que Rhetoricienne»
Guez de Balzac, «Lettre de Balzac à Girard, 7 mai 1634», Oeuvres, Genève, Slatkine Reprints, 1971 [1665], t.I, p.257.
 
1675-1676 : « S'il faut dire, en parlant d'une femme, poëte ou poëtesse ; philosophe ou philosophesse ; propriétaire, ou propriétairesse ; dépositaire, ou dépositairesse: [...] Pour ce qui est du mot de Philosophe au genre féminin, il est suffisamment usité pour ne point faire de difficulté de s'en servir.
Gilles Ménage, Observations sur la langue française (1675-1676), Genève, Slatkine reprints, 1972, t.II, chap. LXXXXVI, p.419-420.
 
1689 : «Il faut dire cette femme est Poëte, est Philosophe, est Médecin, est Auteur, est Peintre ; et non Poëtesse, philosophesse, Médecine, Autrice, Peintresse, etc.»
Nicolas de Boisregard, Reflexions sur l'usage présent de la langue française, 1689, p.228.

 Poétesse, Poëtrice, Poëtride

1584 : «Claudine Sceve Lyonnoise, poëtrice Françoise, parente de Maurice Sceve.»
«Claude Monnier, poëtrice Françoise du temps de François premier, ou Loys douziesme.»
La Croix du Maine, Premier volume de la Bibliothèque du Sieur de La Croix du Maine, Paris, Abel l'Angelier, 1584.
 
1584 : «Sapho lesbienne poetrice»
André Thévet, Les Vrais Pourtraits et vies des Hommes Illustres Grecs Latins et Payens Recueilliz de leurs Tableaux, Livres et Médales (médailles) Antiques et Modernes, Paris, vve I. Keruert et Guillaume Chaudiere, chap. 27.
 
1611 : «Poëtride: A Poetesse
Cotgrave, Dictionarie of the French and English Tongues, 1611.
 
1634 : «Par exemple, je diray plustot que Mlle de Gournay est Poëte que Poëtesse, et Philosophe que Philosophesse. Mais je ne diray pas si-tost qu'elle est Rhetoricien que Rhetoricienne»
Guez de Balzac, «Lettre de Balzac à Girard, 7 mai 1634», Oeuvres, Genève, Slatkine Reprints, 1971 [1665], t.I, p.257.
 
1675-1676 : «S'il faut dire, en parlant d'une femme, poëte ou poëtesse ; philosophe ou philosophesse ; propriétaire, ou propriétairesse; dépositaire, ou dépositairesse: Mr de Mézeriac, qui était de l'Académie Française, a dit Poëtesse; "C'est cette même Rhodopis, qui fut douée d'une si rare beauté, qu'ayant été menée du depuis en Aegypte, elle donna de l'amour à Charaxus, frère de la Poëtesse Sapho." C'est de la vie d'Esope. Pierre de Bourdeille, Abbé de Branosme, a dit Poëte. "Elle se meslait d'être Poëte: et composait des vers." C'est dans son discours de Marie Stuart, Reine d'Ecosse. M. de Balzac, à l'endroit ci-dessus rapporté à la p. 369 est aussi pour Poëte. "Je diray, dit-il, plutôt que Mlle de Gournay est Poëte, que Poëtesse, et Philosophe, que Philosophesse." Pour moi, je dirais aussi plutôt Mlle de gournay est Poëte, que Mlle de Gournay est Poëtesse, que la reine d'Ecosse se meslait d'être Poëte, que la reine d'Ecosse se meslait d'être Poëtesse. Mais je dirais plutôt la Poëtesse Sapho, et la Poëtesse de Gournay, que la poëte Sapho, et la Poëte de Gournay. Et je dirais aussi plutôt une Poëtesse, qu'une Poëte. Mais comme ces mots de Poëtesse et de Poëte au féminin ne sont pas usités, il est bon de les éviter.»
Gilles Ménage, Observations sur la langue française (1675-1676), Slatkine reprints, genève, 1972, t.II, chap. LXXXXVI, p.419-420.
 
1798 : «Poétesse: femme poète. Il est peu usité. On dit de Sapho, de Deshoulières, qu'elles étaient Poètes; mais on ne dit pas la Poète Sapho: ce seroit le cas de dire, La poétesse..... On l'évite.»
Dictionnaire de l'Académie Française, 1798.

 
 Possesseure

1596 : forme souvent associée avec le terme de «proprietaire» à la fin du XVIe siècle; « propriettaire et pocesseure de plusieurs maisons et heritaiges tenuz prochement du roy ».
Archives départementales de Loire-Atlantique à Nantes, 1596 titres de famille Bois, 2E230.

 
 Préfète

2006 : «[...] Le (ou la) féministe qui est aussi défenseur (ou seuse) d'une langue française qui évolue sans se dénaturer applaudit l'écrivaine, mais hurle d'effroi devant la procureure, la professeure, la défenseure... La procureuse existe depuis des siècles (n'est-ce pas Porthos?), et si c'était à l'origine la femme du procureur, c'était également le cas pour la générale, la préfète, voire la pharmacienne. Notre langue est pleine de ressources, utilisons-les pour traduire l'évolution de la société, sans lui faire subir d'outrages inutiles».
Philippe Renard, «Ca va mieux en le disant», Télérama, n°2939, 10 mai 2006.

 Procureuse, Procuratrice, Procuresse

vers 1536 : «Car l'autre jour firent mourir / La fille de la proculeuse [procureuse
Marguerite de Navarre, Le Malade, vers 30-31 (La Femme, à propos des médecins).
 
1622 : «ce fut la Procureuse, qui dit: "Vraiment, la marchande qui vient de sortir a bien changé de poil depuis qu'elle a quitté sa boutique; la congnoissez vous bien particulièrement, Mesdames?" A cette demande personne ne voulut respondre, que la petite effetée de Notaire, qui dict que du temps qu'elles estoit fille on en parlait fort, et qu'elle alloit la nuict trouver un certain homme pour coucher avec luy. [...] Son mary estoit donc aux champs, quand elle faisoit ce train-là, respondit la Procureuse? Non, Madame, luy répliqua la Notaire, c'estoit lui mesme […]».
Le Passe-partout du Caquet des caquets de la nouvelle accouchée (Caquets, 5e journée), p.25.
1640 : [cités dans les noms d'offices et métiers] «Procureuse et non pas procuratrice ou Procuresse»
Antoine Oudin, «De quelques substantifs féminins tirés des masculins», Grammaire française rapportée au langage du temps, Paris, 1640, p. 78.
 
1680 : «Procureuse, f. f. [Procuratoris uxor] Ce mot pour dire la femme d'un Procureur ne se dit point, ou il ne se dit qu'en riant, comme a fait Mr Boursaut. ("Je suis dans un étage à paraître plus grande, ou qu'une Procureuse, ou bien qu'une Marchande", Bours. Esop.)
Procureuse générale [Summi procuratoris uxor] C'est la femme du Procureur général d'un parlement à laquelle on donne la qualité de Dame. (Madame la Procureuse générale est fort estimée.)
Procureuse du Roi [Regii cognitoris uxor] C'est la femme du Procureur du Roi de quelque juridiction considérable (Ainsi on dira, Madame la Procureuse du Roi du Châtelet de Paris est belle.)»
Pierre Richelet, Dictionnaire de la langue françoise ancienne et moderne, 1680.
 
2006 : «[...] Le (ou la) féministe qui est aussi défenseur (ou seuse) d'une langue française qui évolue sans se dénaturer applaudit l'écrivaine, mais hurle d'effroi devant la procureure, la professeure, la défenseure... La procureuse existe depuis des siècles (n'est-ce pas Porthos?), et si c'était à l'origine la femme du procureur, c'était également le cas pour la générale, la préfète, voire la pharmacienne. Notre langue est pleine de ressources, utilisons-les pour traduire l'évolution de la société, sans lui faire subir d'outrages inutiles».
Philippe Renard, «Ca va mieux en le disant», Télérama, n°2939, 10 mai 2006.

 Propriétairesse

1675-1676 : «S'il faut dire, en parlant d'une femme, poëte ou poëtesse ; philosophe ou philosophesse ; propriétaire, ou propriétairesse ; dépositaire, ou dépositairesse: [...] Il faut dire au féminin, propriétaire et dépositaire, et non pas propriétairesse et dépositairesse.»
Gilles Ménage, Observations sur la langue française (1675-1676), Slatkine reprints, genève, 1972, t.II, chap. LXXXXVI, p.419-420.

 Revenderresse

1704 : Archives départementales du Rhône, 3 E 7704, Notaire Rossignol Michel, 14 avril 1704, contrat de mariage de Benoite Ravi, revenderresse de fruits, et de Richard Colomb, affaneur.

1704 : Archives Municipales de Lyon, HH 222, f°76v, Contraventions à la police des arts et métiers, 8 mai 1704, procès-verbal des maîtres-gardes bouchers contre la veuve Noble, revenderresse de salé.

 Rhétoricienne

1634 : «Par exemple, je diray plustot que Mlle de Gournay est Poëte que Poëtesse, et Philosophe que Philosophesse. Mais je ne diray pas si-tost qu'elle est Rhetoricien que Rhetoricienne»
Guez de Balzac, «Lettre de Balzac à Girard, 7 mai 1634», Oeuvres, Genève, Slatkine Reprints, 1971 [1665], t.I, p.257.

 Rimeuse

1611 : «Rimeuse: a poetesse, a woman that makes rimes.»
Dictionarie of the French and English Tongues, Cotgrave, 1611.

Romancière

1784 : «De Villedieu, (Mme), célèbre romancière du dernier siècle.»
Rétif de la Bretonne, La Paysanne pervertie, Paris, 1784, t. 4, «Table des noms des auteurs, artistes, acteurs et actrices dont il est parlé», p.342.
 
1844 : «Mlle de Scudéry était la grande romancière du temps, et jouissait d'une réputation fabuleuse.»
Chateaubriand, La Vie de Rancé, 1844, livre 1.

 Sculpteuse

1784 : «II. La Sculpteuse, ou la Morte-fille, qui ressuscite famme.»
Rétif de la Bretonne, Les Contemporaines graduées: ou Avantures des Jolies-Fammes de l'âge actuel, Leïpsick, Büschel, 1784, p.199.

 Seigneure

1719 : (à propos d'une convocation pour payer une rente) «Damoiselle Charlotte Moyzen, seigneure de la rente noble de La Gauvanière»
Archives Départementales de la Vienne, 8 B 267, Justice de Rouillé (plumitif d'audiences, 1er février 1719), référence fournie par Yves Couturier et Nicole Pellegrin.

 

 Serviteure

1532 : qui signifie au XVIe siècle «au service de» (masc.: «serviteur»).
Archives départemantales de Loire-Atlantique à Nantes, registre de la Chancellerie, B34, lettre de rémission Le Mingot de 1532.

 

 Souffleuse

1776 : «Longchamp (la Dlle Pitel), soeur de la Raisin et souffleuse de la Comédie-Française, auteur de Titapouf
J. de La Porte et S.R.N. Chamfort, Dictionnaire dramatique, Paris, Lacombe, 1776.

 Tailleuse

1704 : Archives départementales du Rhône, 3 E 7704, Notaire Rossignol Michel, 10 avril 1704, contrat de mariage de Marie Gatet, tailleuse pour femmes, et de Pierre Prigaton, chirurgien.

1787-1788 : «Tâilleur, eûse, s. m. et f. s. m. et f. [tâ-glieur, eû-ze: 1re lon. mouillez les ll: 2e lon. au 2d.] Celui, celle qui tâille. Le masculin ne se dit que des tâilleurs d'habits, des tâilleurs de pierres; et quelquefois des tâilleurs d'arbres, des tâilleurs de diamants. Quand on dit tâilleur tout seul, on entend un tâilleur d'habits. -- Tâilleûse ne se dit que dans ce dernier sens. L'Acad. ne le met pas.»
Jean-François Féraud, Dictionnaire critique de la langue française, Marseille, Mossy (