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Les accords
Contributrices de cette rubrique : Aurore Evain, Eliane Viennot.
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Accord de proximité (accord en nombre et/ou en genre de l’adjectif, du participe passé, du verbe, avec le substantif le plus proche lorsqu’il est coordonné ou juxtaposé avec un autre ou plusieurs) : classique avant le XVIIe siècle, courant jusqu’à la Révolution française.
Ronsard, Discours des misères de ce temps, v.182-183.
Ronsard, « Epistre au lecteur », Response de P. de Ronsard Gentilhomme Vandomois aux injures et calomnies…, dernière phrase.
Liberté de la langue française dans sa pureté, Scipion Dupleix, Paris, 1651, p.696 (note)
1693 : « elles [les femmes] n’ont point d’autre défaut qui les empêche de regner, de gouverner, de commander et de conduire ; que celui qui [que] leur impose la Coûtume, les Loix et le pouvoir absolu des hommes. »
Traité de la morale et de la politique, divisé en trois parties, sçavoir, la liberté, la science et l’autorité, où l’on voit que les personnes du Sexe, pour en être privées, ne laissent pas d’avoir une capacité naturelle, qui les en peut rendre participantes ; avec un petit traité de la foiblesse, de la légèreté et de l’inconstance qu’on leur attribue mal à propos ; par G. S. [GabrielleSuchon] Aristophile. Lyon, B. Vignieu & J. Certe, partie 3, p.136.
1795 : Une pétitionnaire déclare à la Convention que, si l’Assemblée revient sur l’égalité des sexes devant l’héritage, elle ira « jusqu’à « enhardir les puînés et les sœurs malheureuses à se rendre justice elles-mêmes parce que la loi ne s’est intéressée à elles qu’un moment ».
(Pétition de la fille Villier aux citoyens législateurs, 16 floréal an III [5 mai 1795], citée par Suzanne Desan, « Pétitions de femmes en faveur d’une réforme révolutionnaire de la famille », Annales Historiques de la Révolution Française 344, avril-juin 2006 [« La prise de parole publique des femmes »], p. 46).
1800 : (à propos de Mme de Genlis) « Sa lettre sur les pâtres des Pyrénées peint les travaux et les vertus de ce peuple pasteur avec la simplicité et le ton qui convient aux tableaux des mœurs champêtres. »
Le Tribunal d’Apollon ou jugement en dernier ressort de tous les auteurs vivans. Libelle injurieux, partial et diffamatoire, par une société de Pygmées littéraires, Paris, Marchand, vol. 1, an VII-1800, p.159-160.
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Accord du participe passé avec l’objet direct, où qu’il soit placé
Comptes amoureux par Madame Jeanne Flore (éd. Gabriel Pérouse et al., Presses universitaires de Lyon, 1980, p.97).
1563 : « Mais l’Evangile sainct du Sauveur Jesuschrist
M’a fermement gravée une foy dans l’esprit […] »
Ronsard, Remontrance au peuple de France, v.83-84.
1563 : « Et vous, Nobles aussi, qui n’avés renoncée
La foy, de pere en fils qui vous est annoncée »
Ronsard, Remontrance au peuple de France, v.515-516 ; même phénomène, ibid., v.735-736 ; Response aux injures et calomnies, v.611-612 ; v.895-96 ; v.1055-1056.
M’a fermement gravée une foy dans l’esprit […] »
Ronsard, Remontrance au peuple de France, v.83-84.
La foy, de pere en fils qui vous est annoncée »
Ronsard, Remontrance au peuple de France, v.515-516 ; même phénomène, ibid., v.735-736 ; Response aux injures et calomnies, v.611-612 ; v.895-96 ; v.1055-1056.
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Accord de participe présent et du gérondif avec le substantif : classique dans l’ancienne langue, qui ne les différencie pas de l’adjectif verbal.
1550 : « Mais en vain serés pendante
Toute à mon col, attandante
(Tenant un peu l’œil baissé)
Pardon de m’avoir laissé. »
[= vous vous pendrez à mon cou, attendant… mon pardon]
Ronsard, Les Odes, II, 24.
1709 : Les Dernieres Œuvres de Monsieur Scarron, divisées en deux parties, contenantes plusieurs Lettres amoureuses et galantes, […]
Tome premier, Chez Michel David.
1740 : « il y eut lettres contenantes mandement très-express, pour lui faire ouverture… »
Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique, art. Du Tillet, 5e édition, tome 4, p. 352.
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Accord du pronom attribut (je la suis) : les grammairiens au début du XVIIe siècle établissent comme règle l’emploi du pronom “le” invariable, mais il faut plusieurs générations pour qu’elle s’impose, et ce sont les femmes qui y résistent le plus.
Mme de Villedieu, Le Favori, 1665, Acte II, scène 1, vv.435-37 (Théâtre de femmes de l’Ancien Régime, vol. 2, Saint-Etienne, Publications de l’Université, 2008)
Mme Ulrich, La Folle enchère, 1690, scène 5 (Théâtre de femmes de l’Ancien Régime, vol. 3, Saint-Etienne, Publications de l’Université, 2011)
Ménage, Menagiana, ou les bons mots, les pensées critiques, historiques, morales et d’érudition de Monsieur Ménage, recueillies par ses amis, seconde éd.augmentée. Paris, Delausne, 1694, p. 87.
Observation : la règle que M. de Vaugelas établit dans cette Remarque est appuyée sur de si fortes raisons que personne ne doit se dispenser de la suivre. Ainsi on ne peut trop s’opposer à l’abus que les femmes font de la particule "la", quand elles l’emploient au lieu de "le", il faut dire absolument dans la phrase proposée, "et moi quand je le suis", c’est-à-dire, quand je suis malade, en supposant que c’est une femme qui parle, et non pas, quand je la suis.
Observations de l’Académie Française sur les remarques de M. de Vaugelas, 1704, Tome I, XXVII.
- A propos du masculin qui l’emporte sur le féminin