Henriette Marie Françoise Edme : Différence entre versions

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Henriette Marie Françoise Edme est née le 24 mars 1719 à Paris et baptisée le lendemain, paroisse Saint Jacques de la Boucherie. Elle est la fille aînée de Henri Edme (1673-1733), contrôleur ordinaire des guerres à la suite du régiment des Gardes Suisses et de Marie Gillette de Lavau (1694-1747). La famille Edme s'installe en 1732 aux Rouaudières, fief situé paroisse de Cormenon, dans le bas Vendômois, entre Le Mans et Blois. En 1735, sa mère, devenue veuve, épouse un seigneur local, Alexandre de Moges. Après la mort de sa mère en 1747, Henriette se retrouve seule avec lui et veille à sa santé fragile, tout en participant à la vie sociale de l'élite vendômoise. C'est dans ce contexte qu'elle tient ses deux premiers journaux personnels, le ''Mémorial à mon usage particulier'' en 1752 et les ''Réflexions journalières'' en 1753-1754. Alors que de Moges décline, son frère lui propose de le rejoindre à Saint Domingue, mais le journal d'Henriette montre son hésitation. Elle reçoit une proposition de mariage qu'elle semble avoir accepté sous la pression de son beau-père. Le 26 août 1755, Henriette épouse aux Rouaudières Louis Joseph de Vanssay (1715-1786), chevalier de La Barre, qui pour l'occasion prend le nom de sa mère et devient de Marans. Mme de Marans passe sa vie aux Rouaudières, sans enfants. En 1758, elle publie anonymement une partie des réflexions contenues dans ses deux premiers journaux sous le titre Pensées Errantes avec quelques lettres d'un Indien. Entre la fin des années 1750 et le milieu des années 1760, elle tient un dernier journal, les ''Confidences générales et particulières''. À la même époque, elle accueille sa nièce Pascalitte (1758-1835) qu'elle élève comme sa fille ; en 1778, elle lui fait épouser son neveu Charles de Vanssay (1751-1792). Le couple s'installe au Château de La Barre, à Conflans sur Anille, au nord de Saint Calais. Durant cette époque, Mme de Marans entretient une correspondance avec sa niece jusqu'à sa mort aux Rouaudières, le 6 novembre 1784.<br/>
 
Henriette Marie Françoise Edme est née le 24 mars 1719 à Paris et baptisée le lendemain, paroisse Saint Jacques de la Boucherie. Elle est la fille aînée de Henri Edme (1673-1733), contrôleur ordinaire des guerres à la suite du régiment des Gardes Suisses et de Marie Gillette de Lavau (1694-1747). La famille Edme s'installe en 1732 aux Rouaudières, fief situé paroisse de Cormenon, dans le bas Vendômois, entre Le Mans et Blois. En 1735, sa mère, devenue veuve, épouse un seigneur local, Alexandre de Moges. Après la mort de sa mère en 1747, Henriette se retrouve seule avec lui et veille à sa santé fragile, tout en participant à la vie sociale de l'élite vendômoise. C'est dans ce contexte qu'elle tient ses deux premiers journaux personnels, le ''Mémorial à mon usage particulier'' en 1752 et les ''Réflexions journalières'' en 1753-1754. Alors que de Moges décline, son frère lui propose de le rejoindre à Saint Domingue, mais le journal d'Henriette montre son hésitation. Elle reçoit une proposition de mariage qu'elle semble avoir accepté sous la pression de son beau-père. Le 26 août 1755, Henriette épouse aux Rouaudières Louis Joseph de Vanssay (1715-1786), chevalier de La Barre, qui pour l'occasion prend le nom de sa mère et devient de Marans. Mme de Marans passe sa vie aux Rouaudières, sans enfants. En 1758, elle publie anonymement une partie des réflexions contenues dans ses deux premiers journaux sous le titre Pensées Errantes avec quelques lettres d'un Indien. Entre la fin des années 1750 et le milieu des années 1760, elle tient un dernier journal, les ''Confidences générales et particulières''. À la même époque, elle accueille sa nièce Pascalitte (1758-1835) qu'elle élève comme sa fille ; en 1778, elle lui fait épouser son neveu Charles de Vanssay (1751-1792). Le couple s'installe au Château de La Barre, à Conflans sur Anille, au nord de Saint Calais. Durant cette époque, Mme de Marans entretient une correspondance avec sa niece jusqu'à sa mort aux Rouaudières, le 6 novembre 1784.<br/>
 
Mme de Marans est une polygraphe. Le contenu éclectique de ses journaux qui renferment des remèdes thérapeutiques, des extraits d'histoire, des chansons, des critiques de lectures, des réflexions morales et philosophiques, révèle sa curiosité. Les ''Pensées errantes'' sont suivies d’un roman épistolaire monodique intitulé ''Lettres d'un Indien''. Le héros, Zurac, est un esclave Indien qui écrit à un ami. Selon Antoinette Sol, Mme de Marans dénoncerait à travers Zurac, l'esclave ouvert aux arguments de la raison, la place marginale des femmes reléguées au second rang de la société et de la République des Lettres. Cette interprétation semble cohérente, Mme de Marans poursuivant dans ses journaux son plaidoyer en faveur d’une éducation identique aux deux sexes. Si ses journaux ont été conservés par ses héritiers, ses Pensées errantes ne constituent pas un succès éditorial et font partie de ces nombreux opuscules publiés par ces « soldat[s] inconnu[s] de la bataille philosophique » (Werner Krauss). Les journaux de Mme de Marans ont été redécouverts au milieu du XXe siècle, quand les archives des Vanssay se sont ouvertes aux Archives Départementales de la Sarthe pour un microfilmage de sécurité. Encore peu visibles dans le catalogue des papiers de famille, ils mériteraient une étude approfondie.<br/>
 
Mme de Marans est une polygraphe. Le contenu éclectique de ses journaux qui renferment des remèdes thérapeutiques, des extraits d'histoire, des chansons, des critiques de lectures, des réflexions morales et philosophiques, révèle sa curiosité. Les ''Pensées errantes'' sont suivies d’un roman épistolaire monodique intitulé ''Lettres d'un Indien''. Le héros, Zurac, est un esclave Indien qui écrit à un ami. Selon Antoinette Sol, Mme de Marans dénoncerait à travers Zurac, l'esclave ouvert aux arguments de la raison, la place marginale des femmes reléguées au second rang de la société et de la République des Lettres. Cette interprétation semble cohérente, Mme de Marans poursuivant dans ses journaux son plaidoyer en faveur d’une éducation identique aux deux sexes. Si ses journaux ont été conservés par ses héritiers, ses Pensées errantes ne constituent pas un succès éditorial et font partie de ces nombreux opuscules publiés par ces « soldat[s] inconnu[s] de la bataille philosophique » (Werner Krauss). Les journaux de Mme de Marans ont été redécouverts au milieu du XXe siècle, quand les archives des Vanssay se sont ouvertes aux Archives Départementales de la Sarthe pour un microfilmage de sécurité. Encore peu visibles dans le catalogue des papiers de famille, ils mériteraient une étude approfondie.<br/>
 
La presse est décontenancée par la forme inhabituelle des Pensées errantes - la préface étant deux fois plus longue que le roman - mais distingue leur auteure. Dans sa famille et dans son entourage, Mme de Marans est reconnue pour être une femme parfois trop instruite. Mais aucune étude n’a été consacrée au personnage et à ses écrits pourtant parfois cités dans les livres. Dans la monographie sur la famille de Vanssay, Mme de Marans reste un personnage anecdotique, épouse d'un cadet de la branche principale, morte sans descendance. Une partie de la correspondance entre les Vanssay de La Barre et les Edme de Saint Domingue a été éditée par Gabriel Debien, spécialiste des colonies; quelques-unes des lettres publiées sont de ou adressées à Mme de Marans. Les Pensées errantes, attribuées jusqu'alors à Mme de Bénouville, ont intéressé les historiens de la littérature et de la pensée des Lumières. Du côté des gender studies, l'ouvrage de « Mme de Bénouville » sert à Antoinette Sol pour étudier la marginalité des femmes dans la société du XVIIIe.
 
La presse est décontenancée par la forme inhabituelle des Pensées errantes - la préface étant deux fois plus longue que le roman - mais distingue leur auteure. Dans sa famille et dans son entourage, Mme de Marans est reconnue pour être une femme parfois trop instruite. Mais aucune étude n’a été consacrée au personnage et à ses écrits pourtant parfois cités dans les livres. Dans la monographie sur la famille de Vanssay, Mme de Marans reste un personnage anecdotique, épouse d'un cadet de la branche principale, morte sans descendance. Une partie de la correspondance entre les Vanssay de La Barre et les Edme de Saint Domingue a été éditée par Gabriel Debien, spécialiste des colonies; quelques-unes des lettres publiées sont de ou adressées à Mme de Marans. Les Pensées errantes, attribuées jusqu'alors à Mme de Bénouville, ont intéressé les historiens de la littérature et de la pensée des Lumières. Du côté des gender studies, l'ouvrage de « Mme de Bénouville » sert à Antoinette Sol pour étudier la marginalité des femmes dans la société du XVIIIe.
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==Oeuvres==
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* 1752 : "Mémorial à mon usage particulier", manuscrit inédit (château de La Barre, Conflans sur Anille et AD72 1 Mi 3 R12, reproduction sous forme de microfilm).<br/>
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* 1753-1754 : "Réflexions journalières", manuscrit inédit (château de La Barre, Conflans sur Anille et AD72 1 Mi 3 R12, reproduction sous forme de microfilm).<br/>
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* 1758-1765 ? : "Confidences générales et particulières", manuscrit inédit, (château de La Barre, Conflans sur Anille et AD72 1 Mi 3 R12, reproduction sous forme de microfilm).<br/>
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* 1755 ? : "Trois comédies de Térence traduites par Mde d. V. d. M. "(L'Andrienne, les Adelphes et le Phormion), manuscrit inédit (château de La Barre, Conflans sur Anille. Une lettre de Mme de Marans au parlementaire parisien Louis Angran d'Allerai, datée du 18 décembre 1754, indique qu'elle s'est attaquée à la traduction de la troisième pièce).<br/>
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* 1758 : Anonyme, ''Les pensées errantes, avec quelques lettres d'un Indien'', Paris, S. P. Hardy. (oeuvre attribuée depuis Barbier à Mme de Bénouville).<br/>
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* 1779 ? : "Autoportrait" (huile sur toile, ni datée ni signée) – Conflans sur Anille, château de La Barre (attribution et datation hypothétiques, d'après deux lettres de Mme de Marans à Pascalitte de Vanssay des 29 juillet 1779 et 18 mars 1780).
  
  

Version du 6 décembre 2014 à 07:34

Henriette Marie Françoise Edme
Dénomination(s) Mme de Marans, Mme de Vanssay de Marans, Mme Edme de Vanssay de Marans, Mme de Bénouville, Mme de ***
Biographie
Date de naissance 24 mars 1719
Date de décès 6 novembre 1784
Conjoint(s) Louis-Joseph de Vanssay de Marans (1715-1786)
Notice(s) dans dictionnaire(s) ancien(s)



Notice de Mathilde Chollet, 2014

Henriette Marie Françoise Edme est née le 24 mars 1719 à Paris et baptisée le lendemain, paroisse Saint Jacques de la Boucherie. Elle est la fille aînée de Henri Edme (1673-1733), contrôleur ordinaire des guerres à la suite du régiment des Gardes Suisses et de Marie Gillette de Lavau (1694-1747). La famille Edme s'installe en 1732 aux Rouaudières, fief situé paroisse de Cormenon, dans le bas Vendômois, entre Le Mans et Blois. En 1735, sa mère, devenue veuve, épouse un seigneur local, Alexandre de Moges. Après la mort de sa mère en 1747, Henriette se retrouve seule avec lui et veille à sa santé fragile, tout en participant à la vie sociale de l'élite vendômoise. C'est dans ce contexte qu'elle tient ses deux premiers journaux personnels, le Mémorial à mon usage particulier en 1752 et les Réflexions journalières en 1753-1754. Alors que de Moges décline, son frère lui propose de le rejoindre à Saint Domingue, mais le journal d'Henriette montre son hésitation. Elle reçoit une proposition de mariage qu'elle semble avoir accepté sous la pression de son beau-père. Le 26 août 1755, Henriette épouse aux Rouaudières Louis Joseph de Vanssay (1715-1786), chevalier de La Barre, qui pour l'occasion prend le nom de sa mère et devient de Marans. Mme de Marans passe sa vie aux Rouaudières, sans enfants. En 1758, elle publie anonymement une partie des réflexions contenues dans ses deux premiers journaux sous le titre Pensées Errantes avec quelques lettres d'un Indien. Entre la fin des années 1750 et le milieu des années 1760, elle tient un dernier journal, les Confidences générales et particulières. À la même époque, elle accueille sa nièce Pascalitte (1758-1835) qu'elle élève comme sa fille ; en 1778, elle lui fait épouser son neveu Charles de Vanssay (1751-1792). Le couple s'installe au Château de La Barre, à Conflans sur Anille, au nord de Saint Calais. Durant cette époque, Mme de Marans entretient une correspondance avec sa niece jusqu'à sa mort aux Rouaudières, le 6 novembre 1784.
Mme de Marans est une polygraphe. Le contenu éclectique de ses journaux qui renferment des remèdes thérapeutiques, des extraits d'histoire, des chansons, des critiques de lectures, des réflexions morales et philosophiques, révèle sa curiosité. Les Pensées errantes sont suivies d’un roman épistolaire monodique intitulé Lettres d'un Indien. Le héros, Zurac, est un esclave Indien qui écrit à un ami. Selon Antoinette Sol, Mme de Marans dénoncerait à travers Zurac, l'esclave ouvert aux arguments de la raison, la place marginale des femmes reléguées au second rang de la société et de la République des Lettres. Cette interprétation semble cohérente, Mme de Marans poursuivant dans ses journaux son plaidoyer en faveur d’une éducation identique aux deux sexes. Si ses journaux ont été conservés par ses héritiers, ses Pensées errantes ne constituent pas un succès éditorial et font partie de ces nombreux opuscules publiés par ces « soldat[s] inconnu[s] de la bataille philosophique » (Werner Krauss). Les journaux de Mme de Marans ont été redécouverts au milieu du XXe siècle, quand les archives des Vanssay se sont ouvertes aux Archives Départementales de la Sarthe pour un microfilmage de sécurité. Encore peu visibles dans le catalogue des papiers de famille, ils mériteraient une étude approfondie.
La presse est décontenancée par la forme inhabituelle des Pensées errantes - la préface étant deux fois plus longue que le roman - mais distingue leur auteure. Dans sa famille et dans son entourage, Mme de Marans est reconnue pour être une femme parfois trop instruite. Mais aucune étude n’a été consacrée au personnage et à ses écrits pourtant parfois cités dans les livres. Dans la monographie sur la famille de Vanssay, Mme de Marans reste un personnage anecdotique, épouse d'un cadet de la branche principale, morte sans descendance. Une partie de la correspondance entre les Vanssay de La Barre et les Edme de Saint Domingue a été éditée par Gabriel Debien, spécialiste des colonies; quelques-unes des lettres publiées sont de ou adressées à Mme de Marans. Les Pensées errantes, attribuées jusqu'alors à Mme de Bénouville, ont intéressé les historiens de la littérature et de la pensée des Lumières. Du côté des gender studies, l'ouvrage de « Mme de Bénouville » sert à Antoinette Sol pour étudier la marginalité des femmes dans la société du XVIIIe.

Oeuvres

  • 1752 : "Mémorial à mon usage particulier", manuscrit inédit (château de La Barre, Conflans sur Anille et AD72 1 Mi 3 R12, reproduction sous forme de microfilm).
  • 1753-1754 : "Réflexions journalières", manuscrit inédit (château de La Barre, Conflans sur Anille et AD72 1 Mi 3 R12, reproduction sous forme de microfilm).
  • 1758-1765 ? : "Confidences générales et particulières", manuscrit inédit, (château de La Barre, Conflans sur Anille et AD72 1 Mi 3 R12, reproduction sous forme de microfilm).
  • 1755 ? : "Trois comédies de Térence traduites par Mde d. V. d. M. "(L'Andrienne, les Adelphes et le Phormion), manuscrit inédit (château de La Barre, Conflans sur Anille. Une lettre de Mme de Marans au parlementaire parisien Louis Angran d'Allerai, datée du 18 décembre 1754, indique qu'elle s'est attaquée à la traduction de la troisième pièce).
  • 1758 : Anonyme, Les pensées errantes, avec quelques lettres d'un Indien, Paris, S. P. Hardy. (oeuvre attribuée depuis Barbier à Mme de Bénouville).
  • 1779 ? : "Autoportrait" (huile sur toile, ni datée ni signée) – Conflans sur Anille, château de La Barre (attribution et datation hypothétiques, d'après deux lettres de Mme de Marans à Pascalitte de Vanssay des 29 juillet 1779 et 18 mars 1780).


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