Mademoiselle Poulain de Nogent

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Mademoiselle Poulain de Nogent
Dénomination(s) Mlle Poulain de Nogent-sur-Seine; Mlle Poulain
Biographie
Date de naissance 1720?
Date de décès 1795?
Notice(s) dans dictionnaire(s) ancien(s)
Dictionnaire Fortunée Briquet (1804)


Notice

Née à Nogent-sur-Seine entre 1720 et 1730 et morte à Paris vers 1795, Mlle Poulain de Nogent est, biographiquement parlant, une parfaite inconnue. Seules ses œuvres permettent de reconstituer quelques éléments de sa vie et de son caractère : elle a pratiqué aussi bien la poésie que le roman, et férue d’histoire, elle a écrit sur le règne de Louis XIV et l’histoire de Port-Royal des Champs. Sensible aux défis que peut présenter la formation intellectuelle de la petite enfance, elle a posé un nouveau regard sur l’instruction des enfants qui, selon elle, devait s’appuyer sur une pédagogie du jeu. Deux préfaces nous donnent des indications précieuses : dans celle des Lettres de Mme la comtesse de la Rivière (1776), elle affirme que « la vérité des faits donne un droit de préférence sur les Romans » et elle défend l’authenticité de cette œuvre (un des rares romans épistolaires monophoniques dont le ressort principal repose sur l’amitié entre femmes). Cependant, faisant le point sur ses publications antérieures dans la préface des Poésies diverses (1787), elle confirme le statut fictionnel de ces Lettres de Mme la comtesse de la Rivière, qui nourrissent l’hésitation du lecteur quant à sa vérité, comme il est d’usage dans le roman épistolaire. Dans cette même préface des Poésies diverses, elle se dit « si persuadée du néant de la gloire de ce monde » qu’elle « ne désir[e] ni éloge, ni même une belle critique » (p. 230). Elle exprime aussi le contentement que lui procure l’écriture : « Je puis dire avec vérité que mes ouvrages sont à moi ; personne ne m’a aidée en rien : j’ai composé et rédigé tout moi-même. Il n’y a peut-être aucune femme, et peut-être aucun homme, qui puissent en dire autant» (p. 272).
Elle a connu une réception favorable dans les revues et journaux de son époque, notamment dans le Journal général de France (1787), dans L’Esprit des journaux français et étrangers (1787), dans le Journal littéraire de Nancy (1787) et dans le Journal encyclopédique ou universel (1787). Elle a échappé à la critique de Friedrich Grimm qui s’est pourtant prononcé négativement sur plusieurs auteures des Lumières dans sa Correspondance littéraire (1753-1790). On peut supposer qu’elle a connu une renommée importante étant donné que la notice sur sa ville d’origine, Nogent-sur-Seine, dans le Grand dictionnaire de géographie universelle ancienne et moderne de toutes les parties du monde (1863), porte la mention suivante : « Patrie de mademoiselle Poulain ». Les catalogues de bibliothèques privées révèlent que parmi l’élite qui formait son public, on comptait M. de Milly, un des commissaires nommés pour l'examen de la question sur l'abolition de l’esclavage, un professeur d’histoire, C. L. Van Bavière, mais aussi la reine de France Marie-Antoinette, dont la bibliothèque du petit Trianon abritait les Anecdotes intéressantes de l’amour conjugal et les Lettres de Mme la comtesse de la Rivière. Au siècle suivant, Sophie Frédérique Mathilde de Wurtemberg, princesse d'Orange puis reine des Pays-Bas, Jérôme Bignon, Arthur Dinaux, chevalier de la Légion d’honneur, la lisaient toujours. En revanche, cette femme de lettres est devenue étrangère à la critique récente, même si elle figure toujours dans les ouvrages bibliographiques. La notice qui lui est consacrée dans le Dictionnaire des femmes des Lumières pourrait néanmoins témoigner d’une attitude nouvelle envers son œuvre.

Choix bibliographique

  • Cioranescu, Alexandre, Bibliographie de la littérature française du dix-huitième siècle, Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1969.
  • Frautschi, Richard, Angus Martin et Vivienne Mylne, Bibliographie du genre romanesque français, 1751-1800, London, Mansell, 1977.
  • Giraud, Yves et Anne-Marie Clin-Lalande, Nouvelle bibliographie du roman épistolaire en France: des origines à 1842, Fribourg, Éditions universitaires, [1977] 1995.
  • Goubier-Queffelec, Geneviève, «Mlle Poulain de Nogent», Valérie André et Huguette Krief (dir.), dans Dictionnaire des femmes des Lumières, Paris, Champion, à paraître.
  • Trévisi, Marion, «Les relations tantes, nièces dans les familles du nord de la France au XVIIIe siècle», dans Annales de démographie historique, 2006, n°2, p. 9-31.



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